Repas végétariens à la cantine, à Lille on est en avance !

Repas végétariens à la cantine, à Lille on est en avance !

A partir de vendredi, les établissements scolaires devront proposer au moins un repas sans viande ni poisson par semaine. Cette disposition inscrite dans la loi Egalim (votée il y a un an à l’issue des états généraux de l’alimentation) doit être expérimentée pendant deux ans, mais peut poser question quant à la mise en pratique réelle, faute de moyens.

La Ville de Lille, sous l’impulsion de sa Maire Martine Aubry, n’a pas attendu cette loi pour instaurer le menu végétarien dans les cantines. Dès 2014, un repas par semaine a été proposé sans viande ni poisson à tous les enfants. Et depuis la rentrée 2018, après trois mois d’expérimentation, ce sont désormais deux repas végétariens qui sont servis à tous les enfants dans les restaurants scolaires.

Pour ce faire, la Ville a mis en œuvre une formation spécifique des chefs de la cuisine centrale, chargés de la préparation des repas de 14 000 élèves, et habitués à construire des menus autour de la viande et du poisson. Ils ont ainsi repensé leur cuisine sans chair animale, pour non pas proposer un choix alternatif de plat mais bien la cohérence du menu en entier. Les enfants sont régulièrement consultés sur les menus et élaborent intégralement deux menus mensuels en lien avec la diététicienne de la ville.

L’objectif était double : inciter les enfants à consommer moins de protéines animales pour leur santé, mais aussi diminuer l’impact écologique pour la planète. Et cette action constitue une véritable réussite puisque le gaspillage alimentaire a été réduit de 40% sur les deux jours concernés par les repas végétariens.

C’est la raison pour laquelle Lille, première ville de cette taille à avoir atteint cette ambition, a aussi été la première à se voir décerner l’écharpe « cantine verte » par l’association Greenpeace le jour de la rentrée 2019.
Cette action forte est accompagnée d’autres mesures permettant à chaque enfant de manger bon, responsable et autrement. Très attentive à offrir aux enfants un repas équilibré et de qualité, la restauration scolaire propose également des produits de saison en favorisant le bio et le local.

Dans une optique éco-responsable d’une part, la Ville s’est dotée à la rentrée 2019 de 10 000 éco-cups distribuées dans les 79 écoles lilloises pour le goûter des enfants et les événements des écoles. Par ailleurs, l’ensemble des ustensiles de cuisine des cantines sera « 0 plastique » d’ici la fin de l’année 2020, comme une grande partie des contenants des plats cuisinés, là encore sans avoir attendu les annonces gouvernementales en la matière et les délais légaux.

Dans une démarche sociale et anti-gaspillage d’autre part, la rentrée a vu l’instauration des repas « petite faim » ou « grande faim », afin d’adapter les portions à l’appétit quotidien de chaque enfant. A cela s’ajoutent une sensibilisation des écoliers à la surconsommation de pain, et la redistribution des repas non consommés aux associations. Enfin, les fruits non consommés sont proposés aux enfants à la récréation du lendemain matin. Une action qui a rencontré un tel succès qu’elle représente un coût supplémentaire de 60 000€ depuis l’an dernier, imputé au budget éducatif, premier budget de la Ville.
Enfin, toutes ces avancées vertueuses pour les enfants et l’environnement ne sauraient se faire sans une tarification accessible à toutes les familles. C’est pourquoi depuis 2008, les tarifs de la restauration scolaire ont été divisés par deux, et grâce à un barème social attractif, les repas coûtent 1 euro ou moins pour près de la moitié des enfants ; et même, pour plus d’un quart d’entre eux, le tarif est de 50 centimes et n’a pas évolué depuis plus de dix ans, quand le Gouvernement annonçait en avril dernier la possibilité d’un repas à 1€…

Du végétarien, du bio et du local à la cantine, des cours d’écoles plus végétales et accueillantes, une démarche zéro plastique et anti-gaspillage, une éducation à la nature et au développement durable : tel est le bilan et l’ambition de Martine AUBRY et de la majorité municipale lillois pour faire des écoles des lieux exemplaires de développement durable.

Au moment où le Président de la République et sa majorité multiplient les effets d’annonce en matière d’éducation, nous élus socialistes constatons chaque jour le manque de moyens et plus souvent la contradiction entre les mots et les actes. A l’inverse, nos collectivités sont le plus souvent des lieux d’expérimentation, de réflexion où nous tâchons de contribuer avec responsabilité et ambition aux besoins éducatifs, culturels, sportifs, et sociaux des jeunes générations.