Mardi, pour tenter de justifier leur vote en faveur de la loi Duplomb, les député-es du groupe Ensemble pour la République revendiquaient avoir « sauvé l’indépendance de l’ANSES ».
L’agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) a été créée en 1999 en réponse au scandale de la « vache folle », avec pour mission d’évaluer la sécurité sanitaire des aliments sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. En 2014, la France a fait le choix de transférer également les décisions d’autorisation de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques à l’ANSES.
Ce jeudi a été publié au journal officiel un décret ouvrant la voie à la remise en cause l’indépendance de l’ANSES, en trahison des engagements pris par le Gouvernement lors des débats sur la loi Duplomb.
Concrètement, le directeur-général l’ANSES devra tenir compte d'un calendrier d’examen des demandes d'autorisation de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques établi par le ministère de l’agriculture et donc retarder le retrait de produits dont les dangers pour la santé humaine et environnementale sont avérés. Il s’agit d’une mise sous tutelle de l’ANSES après plusieurs mois de tentatives de déstabilisation.
Ce décret fragilise l’indépendance de cette organisation et à travers elle l’indépendance de la science. Comme pour les médicaments, les produits phytopharmaceutiques peuvent avoir des effets particulièrement graves sur la santé humaine et environnementale et doivent donc faire l’objet, avant leur mise sur le marché, d’une autorisation délivrée par une agence totalement indépendante, garantissant tout risque de conflit d’intérêts.
Ce décret est une nouvelle forfaiture écologique et sanitaire de la macronie. La montée de l’extrême-droite devrait nous inviter à consolider nos institutions pour protéger les biens communs plutôt qu'épouser leurs obsessions anti-écologiques et anti-science.
