Discours de Jean-Christophe Cambadélis lors du Rassemblement des secrétaires de section

Retrouvez le discours de J-C Cambadélis lors du Rassemblement des secrétaires de section ! 

Chers amis, chers camarades,

Je vais faire vite et donc court, par égard pour ceux d’entre vous qui veulent rentrer chez eux et ceux qui veulent voir le match. Permettez-moi tout de même de remercier l’ensemble des permanents et le service d’ordre qui ont permis l’organisation de cette journée. Je voudrais également saluer Guillaume Bachelay, pour son rapport introductif ; François Lamy, qui nous a parlé avec brio de la fracture territoriale ; Laurent Dutheil, qui a évoqué la cohésion républicaine ;  Marie-Pierre de la Gontrie, qui a parlé des problèmes de sécurité ; Philip Cordery, qui a évoqué devant nous les questions européennes et Laura Slimani qui, comme à son habitude, défend la jeunesse avec talent. Je voudrais aussi remercier Frédéric Gilli qui a animé ce beau débat, que nous avons voulu innovant, interactif, permettant aux uns et aux autres de s’exprimer. Nous continuerons dans ce sens, à faire en sorte qu’il y ait toujours la possibilité de discuter avec la direction sur tous les sujets importants. Enfin, je veux saluer Xavier Gorce, qui a répondu positivement à notre invitation et qui, avec ses dessins, a mis une touche d’humour dans nos discussions. Cette invitation était pour nous l’occasion de faire un clin d’oeil à sa profession et de rendre hommage à la liberté d’expression dans le contexte que nous connaissons.

Mes chers camarades,

Pendant trois jours. Pendant trois jours, la France a subi une attaque terroriste d’une violence inouïe. Pendant trois jours, des femmes et des hommes sont morts assassinés sur notre territoire, en République. Les premiers, à l’annonce de leurs noms, d’une balle dans la tête, parce qu’ils avaient caricaturé, dessiné. Pendant trois jours, certains ont voulu terroriser la France, tuant des innocents parce qu’ils étaient juifs. Pendant trois jours, la France a dû faire face à ces événements sans précédents.

La France. La France a répondu, avec dignité et dans le calme. Étonnant calme dans un pays dont on disait qu’il était traversé de part en part par la xénophobie, dans un pays qu’on estimait incapable de se lever, pris dans l’étau de l’individualisme consommateur. Dans un pays que l’on disait en proie aux tourments de la dépolitisation. Dans ce pays-là, nous nous sommes levés et nous avons étonné le monde. Oui, le monde a regardé ébahi ces Françaises et ces Français qui descendaient dans la rue, en silence, sans professer autre chose que la fraternité et la dignité. La France a manifesté en silence. Toute la France, des grandes villes jusqu’aux plus petits villages. La France s’est faite entendre par les applaudissements et quand elle n’y tenait plus, quand l’émotion la submergeait, eh bien, c’est la Marseillaise qu’elle entonnait.

Dans ce grand moment, ce beau moment où la France avait le visage de la République, les Français ont défendu la liberté avec les armes de l’égalité et de la fraternité. Cet élan, nous le devons avant tout au peuple souverain. Mais nous le devons aussi au Président de la République qui, en montrant l’exemple, avec peu de mots et beaucoup de gestes, a permis l’expression d’une France exemplaire et fière d’elle-même. Le Président de la République a incarné la France dans l’épreuve et le Gouvernement, mon cher Manuel, a été exceptionnel de clairvoyance, d’intelligence et d’efficacité. Ce moment-là marquera l’histoire de notre pays, quoi qu’il se passe maintenant à la suite de ces évènements. Je vous le dis : je suis fier que les Socialistes aient répondu présents dans ce moment précis où la France avait rendez-vous avec l’Histoire.

Mes chers amis, mes chers camarades,

Il y a des choses qu’on ne pourra plus dire. On ne pourra plus se moquer du Président de la République comme certains l’ont fait depuis le début du quinquennat. On ne pourra plus dire « les Socialistes sont des amateurs, face aux enjeux, ils ne sont pas à la hauteur ». On ne pourra au fond plus remettre en cause notre légitimité à gouverner. On ne pourra plus chercher querelles médiocres aux Socialistes. Bien évidemment, ce nouveau contexte ne règle pas tous les problèmes mais force est de constater que cela conduit à les aborder différemment. Oui, quelque chose a changé dans notre pays, le dotant d’une certaine gravité évidemment, d’une conscience politique nouvelle assurément. Les Français se sont tournés vers les partis politiques, ces derniers ayant eu l’intelligence de se mettre de coté. Au Parti socialiste, nous avons aidé, avec François Lamy et beaucoup d’autres, à faire en sorte que cette journée du 11 janvier soit à la hauteur du rendez-vous de l’Histoire. De fait, nos concitoyens ont désormais une écoute, une attention, une tension, une volonté de comprendre et de savoir. Ils se tournent vers leur représentation politique, à celle-ci de ne pas les décevoir. Ainsi, nous avons eu parfaitement raison de mettre l’accent aujourd’hui, lors de ce rassemblement des secrétaires de section, sur la défense de la République et de l’intituler : « faire vivre la République ! ».

Mes chers amis, mes chers camarades,

L’unité nationale a été réelle. Elle s’est manifestée dans la rue, elle s’est exprimée profondément. Cette unité nationale, disons-le, est une mèche lente et longue. Les Français se sont étonnés eux-mêmes, ils se sont rassemblés, se sont regardés. S’il y a eu des manifestations partout, beaucoup les ont suivi à la télévision, dans un esprit de fraternité. Cet élan, personne ne pourra l’ignorer, personne ne pourra l’effacer. A travers cet élan, ce sont les principes mêmes de la République qui ont été posés et réaffirmés : la liberté évidemment, puisqu’elle était attaquée, l’égalité, mais aussi la laïcité et la solidarité. D’un seul coup, notre peuple s’est mis à nouveau à se poser, à réfléchir, à s’opposer, certes, mais pour pouvoir construire. Il y a eu des moments émouvants, que vous avez tous vécus. Il y a eut à l’Assemblée Nationale, après ton magnifique discours, cher Claude, cette éloquente minute de silence suivie de cette poignante Marseillaise entonnée, puis le grand discours républicain du Premier ministre. Tout cela existe et ne pourra être effacé. Tout cela marque une nouvelle époque politique. Tout cela nous permet surtout d’être à la hauteur des défis qui nous sont posés.

Bien sûr, l’union nationale ne peut pas durer éternellement. Et pourquoi devrait-elle durer d’ailleurs lorsque nous entendons les déclarations des uns et des autres ? Mais nous, Socialistes, de ce moment et de cette épreuve, de cette expression magistrale de l’unité nationale nous retirons un mot qui doit être sa suite et sa traduction logique: l’intérêt général. Oui, l‘intérêt général est plus que jamais nécessaire. L’intérêt général est possible et il est donc souhaitable que les partis politiques le défendent et l’incarnent. C’est ce que nous avions commencé à faire dès 2012, dans un contexte difficile mais surtout dans un brouhaha insensé et une incompréhension injuste. En effet,  à peine arrivés aux responsabilités, nous étions déjà contestés, alors même que nous n’avions encore rien fait. C’est comme ça, pour une grande partie de la Droite, les Socialistes sont illégitimes pour gouverner. Aujourd’hui, nous pouvons reprendre le fil de notre continuité et renforcer l’intérêt général. Nous devons le faire dans une époque historique compliquée, combinant de nombreuses conditions critiques : un chômage de masse, une crise économique marquée par la déflation, des guerres sur le front extérieur et à l’intérieur ce mal qui nous ronge : le racisme et l’antisémitisme.

Tout au long de cette journée, nous avons voulu soutenir cet élan et nourrir cette continuité en présentant trois rapports : un sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme, le second sur la cohésion républicaine et le dernier sur la coordination européenne. L’idée était que la République avait trop reculé et qu’il fallait la réinstaller et que, pour cela, les Socialistes avaient un travail à faire sur plusieurs niveaux: expliquer précisément comment protéger nos concitoyens et nos valeurs, démontrer comment la République peut vivre au quotidien et en profondeur et se battre au niveau européen pour que la cohésion existe en actes et qu’une nouvelle orientation politique voit enfin le jour.

Commençons par la République, la République sociale évidemment. L’année dernière, nous fêtions Jean Jaurès, qui plaidait pour la République jusqu’au bout.  La République jusqu’au bout avec au coeur la laïcité qui la fait vivre. La laïcité, cette capacité à vivre ensemble, à croire ou ne pas croire. La laïcité, ce n’est pas une religion, ce n’est pas l’interdiction de penser autrement. C’est la constitution d’un espace qui permet à tous les citoyens de choisir, d’être libre, d’être égaux aussi, cet espace permettant la réalisation concrète de l’égalité. La laïcité c’est cela et ce n’est surtout pas la stigmatisation de telle ou telle religion. Ce grand détournement, c’est l’axe dévoyé de l’extrême droite instrumentalisant la laïcité, valeur de l’intérêt général par excellence, contre une religion particulière. C’est ainsi : les membres de l’extrême droite parlent de laïcité puisqu’ils ne veulent pas dire publiquement leur racisme.

Je ne reviens pas sur le détail des mesures du Gouvernement dont vous remarquez qu’elles sont toutes acceptées notamment sur la sécurité. Je ne reviendrai pas non plus sur ce qui a été développé sur l’école, institution vitale évoquée par le Premier Ministre et par Laurent Dutheil ce matin. Je dirais simplement un mot sur l’Europe. Les commentateurs l’ont peu relevé mais il y avait beaucoup de dirigeants sociaux-démocrates présents dans le cortège du 11 janvier. Nos amis européens se sont rendus compte de la gravité de la situation et ont réalisé qu’ils ne pourraient pas eux non plus vivre comme auparavant, que quelque chose à la fois de tragique et d’unique venait de se passer. Quelques jours plus tard, chez nos amis belges, il y a eu un rappel de l’acuité de la menace que fait peser le terrorisme dont le but est d’impacter les sociétés occidentales.

Mes chers amis,

La situation politique française est marquée par un double impact. La psychologie politique française est en effet doublement bousculée, tout à la fois par les événements que nous avons connus début janvier et par l’exigence de changement en Europe qui vient d’être signifiée par les élections en Grèce. Concernant ce deuxième point, balayons d’emblée les polémiques superflues. Qu’est-ce qu’on n’aura pas entendu. Le Parti Socialiste n’avait pas le droit de se réjouir de la victoire d’une force de gauche, Syriza, car il devait pleurer la défaite d’un parti social-démocrate, le PASOK ? Ce préjugé anti–socialiste ne cesse jamais de me surprendre, extraordinaire de mauvaise foi et débordant de contradiction. Car enfin, on ne fait pas le reproche à Jean-Luc Mélenchon et au Parti communiste de saluer la victoire de Syriza alors qu’ils sont alliés, eux, avec le Parti Communiste grec. Pourquoi donc critiquer le Parti Socialiste qui salue la victoire contre l’austérité et ne pas critiquer les autres qui disent exactement la même chose mais avec d’autres alliés ? Contradiction aussi évidente que navrante.

Sur le fond, les Socialistes accueillent positivement tout ce qui renforce le mouvement pour la réorientation européenne : le vote grec, les manifestations en Espagne, le rassemblement social-démocrate autour du Président de la République, le plan Juncker, la politique de la Banque Centrale Européenne. Notre position est claire et simple : tous ensemble pour la croissance ! Ce qui sous-tend de soulager en priorité le fardeau des peuples. Oui, Madame Merkel, vous devez vous aussi entendre la voix qui vient d’en bas : l’austérité ça suffit !

Au passage, vous me permettrez de vous faire remarquer que « Nico », comme on l’appelle maintenant, « Nico » Sarkozy a voulu être sur la photo des événements. Il a trouvé un moyen d’être sur la photo en se précipitant chez Madame Merkel. Il a par ailleurs essayé de reconstituer avec deux, trois groupes de travail le fameux Merkzoy, celui contre lequel les Grecs comme tous les peuples européens manifestent aujourd’hui. C’est à la fois maladroit et significatif, et, comme je l’entends dans la salle « pathétique ». J’accepte l’amendement : maladroit, significatif et pathétique. L’anecdote de ce déplacement mal improvisé nous rappelle les enjeux profonds du débat politique dans notre pays, avec d’un côté ceux qui veulent amicalement pousser la chancelière sur une autre orientation, celle de la croissance, et d’un autre côté, ceux qui veulent la conforter sur une autre orientation, celle de l’austérité. On parlera tout à l’heure des élections départementales mais il ne faudra pas manquer dans les mois et les années qui viennent de se souvenir de cette ligne de partage, car elle sera l’enjeu des élections nationales à venir.

Aujourd’hui, la France est dans le camp de la croissance. La France combat pour soulager les peuples du fardeau de leur dette. Mais la France est avant tout dans le combat pour la croissance, une croissance nouvelle et durable qui ne peut être celle que nous avons connue dans les périodes précédentes. De ce point de vue, la préparation du sommet Paris Climat 2015 est un autre grand événement historique qui vient à nous, Socialistes, nous qui avons fait notre tournant écologique lors de nos Etats Généraux. Nous avons ici la possibilité, avec le Président et le Gouvernement, de marquer une nouvelle fois l’Histoire, nous avons l’opportunité de provoquer, enfin, une réorientation planétaire sur une question vitale pour l’humanité toute entière.

Cette année 2015, année décidément historique, doit être ce moment où l’ensemble des Etats et des peuples de la planète prennent conscience du défi climatique commun et agissent de manière résolue et de concert. Oui, mon souhait le plus cher c’est qu’au mois de décembre il y ait une résolution de l’ensemble des Etats et des peuples, unanimes, s’engageant – peut-être – à des rythmes différents, mais s’engageant clairement pour la défense du climat et dans le combat pour l’écologie.

Mes chers amis, mes chers camarades,

Les Socialistes se bougent. Ils se bougent pour la croissance, ils se bougent contre le fatalisme. Ils bougent et tentent de faire bouger les lignes en France comme en Europe. Cette attitude volontariste est de plus en plus perceptible pour nos concitoyens. Et c’est dans ce nouveau climat politique que vont se dérouler les élections départementales. Vous me permettrez d’en dire un mot car elles ont leur importance.

Ces élections locales, nous les mènerons nationalement comme Christophe Borgel vient de l’indiquer. Lors des municipales, nous avons eu tort de ne pas mener de campagne nationale. Nous avons pensé que quelques sacs de sable à l’entrée de chaque localité suffiraient, que le savoir-faire, le bilan, souvent excellent, de nos camardes pourraient leur épargner la défaite. La situation n’est pas la même, car le contexte a radicalement changé, inutile d’y insister. Mais, si nous pensons nécessaire de mener une campagne nationale, pour nous défendre et défendre nos valeurs dans ce contexte nouveau, nous pensons qu’il faut le faire tout en respectant la nature éminemment locale de ce scrutin.

Il y a en fait trois conditions afin de bien mener cette campagne. D’abord, garder la dimension de proximité et ne pas se tromper de scrutin. Il s’agit d’élection départementale et non pas d’élection pour l’Assemblée Nationale. Il faut garder cette dimension et ne pas se laisser embarquer dans des débats qui n’ont pas leur place dans cette élection. Ensuite, il faut indiquer ce que nous voulons être : nous voulons être le boucler social de nos territoires. Il s’agit de protéger, et pour protéger nos citoyens, nous, Socialistes, nous sommes les mieux placés. Cette protection il faudra en décliner tous les aspects: le mieux vivre, le mieux transporter, le mieux étudier, le mieux se soigner, le mieux vieillir. Dans tous ces domaines, les Socialistes ont déjà fait beaucoup dans les départements où ils sont sortants mais, n’en doutons pas, ils feront beaucoup dans ceux où ils sont aujourd’hui dans l’opposition.

Le troisième élément essentiel, indispensable, d’une bonne campagne c’est l’unité. Ah ! Mes amis, mes camarades, que c’est dur, difficile et compliqué de faire l’unité quand on ne veut pas faire l’unité ! Je ne comprends pas. Non, je ne comprends pas que des Socialistes, des Communistes, des Écologistes aient travaillé ensemble pendant des années dans des Conseil Généraux, aient décidé d’un certain nombre d’actions en commun, aient porté des projets et qu’aujourd’hui, au moment du renouvellement, ils se divisent et soient dans l’incapacité de s’unir. Et pourtant, les Socialistes ont fait de multiples propositions, ils ont tendu la main plus qu’il ne fallait. Alors même qu’il faut être quatre désormais pour un canton, on pourrait s’allier, considéré qu’il y a de la place pour tout le monde ? Eh bien non ! On nous a dit que cela n’est pas et ne serait plus possible. On l’a fait au nom d’une analyse qui me semble terrible car elle se trompe de temps, et se tromper de temps en politique c’est plus grave qu’en grammaire. On nous dit que l’objectif de ces départementales, ce n’est pas de protéger les citoyens, d’incarner le bouclier social. Non, on nous dit que l’objectif de ces départementales, c’est de faire un « Syriza à la française ». Faute de temps : nous ne sommes pas dans une situation pré-Syriza en France, nous sommes bel et bien dans une situation pré-frontiste. Voilà la vérité, une vérité qui change tout !

J’ai entendu ces jours-ci plusieurs déclarations remettant en cause l’unité à Gauche. Je vous épargne les propos de Julien Bayou, mais je voudrais évoquer quelques secondes avec vous ceux de Jean-Luc Mélenchon. Il vient de déclarer que le Parti socialiste est un « astre mort ». Il a rajouté dans un tweet, comme si ce n’était pas suffisant, qu’il serait bien que nous « débarrassions le plancher ».

Jean-Luc, tu sais combien je te respecte, mais Jean-Luc, tu n’es plus au Parti socialiste, alors lâche-nous !

Mes chers amis, mes chers camardes,

Aujourd’hui, ce qui pointe, c’est la montée du Front National. Évidement, Marine Le Pen a eu quelques difficultés à s’intégrer à l’union nationale et pour cause : elle dirige le parti de la division nationale. Évidement, elle a dû faire une manifestation en petit, faute d’être présente à la grande marche du 11 janvier. Et les Français ont compris que si on voulait rassembler le pays ce n’était pas vers ce parti qu’il fallait se tourner, car ce parti là prône la séparation entre les « Français de souche » et les «  Français de papier » pour reprendre leurs termes immondes.

Et s’il fallait un exemple de cette vision, de ce programme, c’est la déclaration proprement scandaleuse de Jean-Marie Le Pen à propos de notre camarade Claude Bartolone : souligner le parcours des origines pour insinuer que, n’étant pas nés ici, on ne pourrait pas être Français. Voilà leur visage, voilà le fond de l’orientation du Front National, cherchant à réaliser le rêve cauchemardesque d’Éric Zemmour, où la séparation des communautés prévaudrait, où ceux qui ne seraient pas « de souche » seraient ramenés à terme dans leur pays. Ces propos de Monsieur Le Pen sont inacceptables en République et inadmissibles vis-à-vis de la fonction imminente de Président de l’Assemblée Nationale, nationale et républicaine. Alors, oui, j’aurais souhaité que tous les partis politiques républicains représentés à l’Assemblée se lèvent d’un bond et disent d’une voix : « nous n’acceptons pas ces propos visant notre Président Claude Bartolone ! ».

Oui,  le Front National peut demain continuer sa dynamique et ce ne se fera pas au service de la République. C’est la raison pour laquelle aujourd’hui, je m’adresse à tous les partis politiques républicains et je leur demande solennellement de prendre position pour le front républicain, pour ne pas mettre sur le même plan les partis républicains et le Front National. Nous, Socialistes, nous l’avons toujours fait et nous le ferons ! Que ferez-vous, vous, face au Front National, parti qui n’était pas présent lors des manifestations où nous étions ensemble?

Le combat que nous menons en ce moment dans la préparation des élections départementales est un combat essentiel. Je tiens à nouveau à féliciter les Premiers fédéraux qui font tout pour que nous ayons des candidats dans tous les départements et dans tous les cantons. Je sais qu’il reste encore quelques cantons sans candidats, très peu nombreux. Mon objectif en voulant « pousser » les Premiers fédéraux est simple : faire en sorte qu’au soir du dépôt des candidatures, le seul parti de France qui ait des candidats dans tous les cantons, sans exception, soit le Parti socialiste. Ceci participe de notre représentativité et, croyez moi, dans le combat mené insidieusement pour faire tomber notre formation politique, pour la réduire, pour la diviser, voire la faire éclater, cette question de la présence des Socialistes dans tous les cantons est essentielle. Au soir des élections départementales, donc locales, on fera le décompte des voix au niveau national et je compte bien que le Parti socialiste soit en tête du nombre de voix recueillies au soir du scrutin.

Mes chers amis,

Chacun d’entre nous, le ressent, le climat politique est moins froid, et pas seulement parce qu’il y a une chaleur entre nous, mais parce que les Français nous regardent autrement. Il s’agit donc d’aborder les différentes échéances qui viennent avec responsabilité et combativité. Sur les élections départementales, bien sûr. Sur notre congrès aussi – mais dans ce cas, merci de ne pas trop abuser de la combativité. Évidemment aussi sur les élections régionales. Nous le savons, nous avons devant nous une année forte en élections. Et il s’agit ni plus ni moins que d’être forts au sortir de ces élections. C’est nécessaire pour notre pays, pour le Président de la République, pour l’ensemble de la Gauche et pour le Parti socialiste !

Je vous souhaite donc de mener le plus beau des combats, le plus actif des combats qui soit !
Vive la République, vive la France et vive le Parti socialiste !

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