Journée de travail de la CNAR sur les relations entre les villes et les campagnes

Depuis le 20ème siècle, l’essor des flux d’informations, de capitaux, de marchandises, de matières et d’énergies ainsi que des mobilités individuelles ont reconfiguré les territoires et leurs interdépendances. La société fonctionne dès lors par trajectoire, réseaux, liens, elle « déborde du territoire ». Il semble essentiel de prendre en compte ces mutations et d’imaginer en conséquence de nouvelles formes de relations entre les territoires. Une « politique des liens » doit être pensée, c’est ce à quoi le groupe de travail « Relations Villes-Campagnes » de la Commission nationale Agriculture et ruralités (Cnar) propose de contribuer.

A l’initiative de Dominique Potier, en lien avec André Viola, le groupe a organisé lundi 7 mars à l’Assemblée nationale une journée d’auditions-débats. Les débats étaient animés par Olivier Jacquin, animateur du groupe et Président de la communauté de communes du Chardon Lorrain et Président de l’UDESR54. Il s’agissait de la deuxième journée d’auditions[1] d’un cycle qui fera ensuite l’objet d’une publication écrite. L’objectif est bien de lutter contre la ségrégation sociale et spatiale tout en étant garant des biens communs.

Le matin, les intervenants ont planché sur les promesses à espérer de nouvelles relations entre villes et campagnes. Hervé Le Bras, démographe, par une très fine analyse cartographique, a su mettre en évidence les grandes différenciations sociales de ces espaces. Guillaume Dhérissard, directeur de Sol et Civilisation, Patrice Joly, Président du Conseil départemental de la Nièvre, président de « Nouvelles ruralités » ont aussi pu exposer leurs analyses. Ils se sont accordés sur l’idée que différents flux – alimentaires, énergétiques, économiques forment de nouveaux systèmes et que des promesses pourraient en découler, dont sont issus plusieurs défis. Ces promesses peuvent être la clé de nouvelles politiques avec en toile de fonds deux questions : celle de la reconnaissance de la campagne par la ville et vice versa, et celle de la société mobile qui déborde des territoires qui passe par l’estime réciproque des partenaires.

Les débats de l’après-midi faisaient échos à ceux du matin en posant la problématique des moyens de l’atteinte de nouvelles relations entre les villes et les campagnes. Olivier Landel, délégué général de France Urbaine, Emmanuel Vigneron, géographe, professeur d’aménagement sanitaire à l’université de Montpellier, Stéphane Bois, directeur du pôle métropolitain Nantais et Claudy Lebreton, chargé par le Premier ministre d’un rapport sur « comment refonder la démocratie locale ? » ont esquissé des pistes d’une boîte à outils et/ou d’un nouveau regard et d’une nouvelle contractualisation.

Journée de travail sur les relations entre les villes et les campagnes.
Journée de travail sur les relations entre les villes et les campagnes de la CNAR à l’Assemblée nationale

La journée a montré que plusieurs entrées différentes peuvent porter la société, mobiliser et réussir à faire dialoguer des acteurs. Il est nécessaire pour y parvenir d’associer la promesse républicaine et la renaissance démocratique. Des questions se posent : celle de la temporalité pour la pérennité des relations entre villes et campagnes, celle de la complexité de leur relation, celle de l’élaboration efficiente des politiques, celle de la volonté dans leur coopération. Il faudra pour cela inventer de nouveaux outils et revoir notre lecture de l’aménagement des territoires.

[1]  Lors d’une première rencontre-débats le 20 janvier, le groupe de travail de la Cnar a auditionné Alain Calmette, député du Cantal, promoteur des contrats de réciprocité, et Jean-Yves Pineau, directeur du collectif Ville-Campagne.