L'avenir économique ne doit pas se faire au détriment d’exigences sociales, sanitaires et environnementales

Le "monde avec le Covid-19" et le "monde d'après" risquent de ressembler fortement au monde d'avant. Nous en avons eu la démonstration éclatante récemment : la majorité LREM à l’Assemblée nationale a refusé de conditionner 20 milliards d'euros d'aide d'État aux grandes entreprises à l'adoption d'un plan de réduction de leur empreinte sociale et écologique.

Les scientifiques multiplient pourtant leurs alertes sur les risques de voir le réchauffement climatique, le recul de la biodiversité et la déforestation favoriser la circulation de virus encore plus dangereux que le Covid-19. Dans ce contexte particulier, le vote sous influence des lobbies privés d'élus de la République, qui empêche toute réorientation de la politique économique au profit du long terme et de l'intérêt général est tout simplement insupportable.

Alors que le gouvernement a publié début avril un décret qui permet aux préfets de déroger aux normes réglementaires notamment dans le domaine de l’environnement, alors que le Medef demande un « moratoire » sur certaines normes environnementales, nous affirmons, à l’inverse, que tout plan de soutien ou de relance de l’économie, au niveau national comme européen, ne peut se faire au détriment de l’écologie et de notre santé. Les aides d'État aux grandes entreprises pendant la crise du Covid-19 doivent être conditionnées à la « mise en place d’une stratégie interne de réduction de leur empreinte écologique ».

Après Ericka Bareigts et Christine Pires-Beaune à l’Assemblée nationale, c’est cette proposition qu’ont portée Olivier Jacquin, Claude Raynal, Patrick Kanner et l’ensemble du groupe socialiste du Sénat dans le cadre du projet de loi de finances rectificatives, en s'appuyant sur les recommandations d'Oxfam ou encore du Haut Conseil pour le Climat. En vain.

La crise doit être l'occasion de repenser la responsabilité sociale des entreprises. C'est pourquoi les grandes entreprises aidées par l'Etat doivent pouvoir amorcer un virage vers un nouveau modèle social et écologique s'alignant sur les objectifs de l'Accord de Paris de 2015 et du développement durable : les socialistes continueront à se battre pour cet enjeu vital. Les entreprises aidées doivent s'engager à ne pas licencier pendant la crise et aucune entreprise ayant recours à des paradis fiscaux - dont la liste actuelle mériterait d'être revue et étendue - ne doit pouvoir recevoir un centime d'euros de l’État.

Veuillez vérifier votre e-mail pour activer votre compte.