La réponse du gouvernement à la crise des urgences, ou comment déshabiller Pierre pour habiller Paul

La réponse du gouvernement à la crise des urgences, ou comment déshabiller Pierre pour habiller Paul

09 septembre 2019

Aujourd’hui, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a présenté les 12 mesures du  « Pacte de refondation des urgences » pour répondre à la crise que traversent les services d’urgences des hôpitaux touchés par un mouvement de grève inédit depuis près de six mois. Ce pacte sera financé à hauteur de 750 millions d’euros sur trois ans à budget constant des dépenses de santé. Ce plan vise à désengorger les urgences en s’appuyant davantage sur la médecine de ville tout en accélérant les prises en charge. Le gouvernement ne prévoit pas d’ouvertures de lits ni de recrutement de personnels, principales revendications des urgentistes.

Entre déni et mépris, le gouvernement a tenté depuis des semaines de jouer la montre, espérant voir le mouvement s’épuiser. Or c’est tout le contraire qui s’est passé… Les annonces, en juin dernier et la semaine dernière, considérées comme insuffisantes par les grévistes ont eu pour effet d’amplifier le mouvement et celles d’aujourd’hui ne sauront calmer leur colère. Pour rappel, selon le collectif Inter-Urgences, 249 services sont en grève, soit la moitié des services d’urgences publics français.

Depuis de nombreuses années, les urgences sont malmenées, précarisant toujours plus les personnels de santé, et ce, malgré de multiples alertes. Comment pourrait-il en être autrement quand les valeurs de soin et d’humanisme se heurtent à des objectifs purement comptables et que les « mesures correctives » adoptées sont largement insuffisantes pour ne pas dire cosmétiques. L’arbre du dévouement ne suffira plus à cacher la forêt du gâchis annoncé tant que les vrais problèmes – pourtant bien connus – ne sont pas résolus, ou tardent à l’être.

À quelques semaines du débat parlementaire du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2019, alors que le gouvernement reste sourd aux revendications des soignants qui, sans moyens financiers et humains supplémentaires immédiats, conduit l’hôpital public dans une impasse préjudiciable à la qualité de soins de nos concitoyens, le Parti socialiste demande à ce que l’Ondam (Objectif national des dépenses d’assurance maladie) pour 2020 soit augmenté de façon significative.