La Ruralité, le pari pour demain !

Cher(e) camarade,

 

Nous souhaitons te proposer une contribution thématique pour défendre et imaginer la ruralité de demain.

 

En effet, ce sujet va être un enjeu fort de la prochaine présidentielle. Macron et son gouvernement sont perçus comme des personnes de la ville qui tournent le dos à la campagne et aux ruraux. Originaire et habitant du Cantal, je peux t’assurer que ce sentiment d’abandon est très fort et partagé par de nombreuses personnes. L’état via son agenda rural de 2019 essaye de rattraper son retard pris au début du quinquennat. Mais comment peut-on promettre la 5G à des départements qui ne peuvent utiliser la 3G ? Les maisons de services et les ZRR sont-ils l’avenir « low cost » pour nos campagnes ?    

Le vieillissement de la population, l’isolement, les déserts médicaux, la fermeture des services publics, les zones blanches de l’internet ou de la téléphonie, l’enclavement, les offres de formation (notamment post bac, insuffisantes pour la jeunesse) sont les points faibles de nos territoires qui les pénalisent fortement et sont un frein à leur développement.

Pourtant nos atouts sont nombreux et doivent nous permettre « de tirer notre épingle du jeu » par l’innovation, le courage et l’ambition des collectivités, les projets associatifs et personnels dans un cadre naturel préservé.

Il faut d’ailleurs reconnaitre qu’il existe des ruralités différentes, certaines se portent bien et d’autres comme le Cantal ou le Lot, accumulent de nombreux handicaps. Une définition précise de « la ruralité » pourrait débuter nos travaux.

Notre parcours personnel et notre passion pour ces territoires nous motivent pour travailler activement sur ce thème pour notre parti afin d’avoir des propositions fortes pour les prochaines échéances électorales. La ruche des socialistes et des consultations de terrain seront notre méthode de travail tout le long des 3 prochaines années. Les collectivités locales auront un rôle important à jouer pour mettre en place « un plan ruralité »

Lors du confinement ou des vacances d’été de nombreux français ont été attirés par les départements ruraux avec une possibilité de télétravail. Oui un aménagement du territoire est possible pour préparer « l’exode urbain » à condition d’un soutien financier de l’état par une péréquation efficace et une décentralisation des prises de décision.

La loi NOTRE devra être retravaillée, elle a besoin d’ajustement pour être plus pertinente et cohérente avec le fonctionnement des zones rurales, c’est un travail transversal à entamer.

 

Les handicaps d’hier, nos atouts pour demain !

 

L’emploi et la formation : De nombreux jeunes quittent les départements ruraux faute d’emplois souhaités tandis que des employeurs cherchent de la main d’œuvre notamment dans le bâtiment, l’aide à la personne, le tourisme ou la restauration. Il faut donc inciter à la mise en place de formations en adéquation avec les besoins de la ruralité. Des fonds doivent être fléchés vers les industries et entreprises faisant le choix de s’installer, de rester ou de revenir sur ces territoires. Les espaces de co–working doivent se multiplier dans nos campagnes pour faciliter l’installation de jeunes entrepreneurs. Les collectivités doivent investir pour offrir les « SERVICES minimums » pour bien vivre, piscines couvertes, écoles de danse, conservatoire de musique, activités culturelles… afin de faciliter le recrutement et l’installation de nouvelles populations.

La jeunesse en milieu rural ne doit pas faire des choix d’orientation par défaut, la revalorisation des bourses sera demain essentielle pour que chaque jeune puisse partir faire la formation de son choix et revenir demain développer ses talents et ses projets à la campagne. Nous devons imposer le débat sur une extension de RSA aux jeunes de 18 à 25 ans sans ressources.

Le tourisme : C’est certainement l’un des secteurs qui offre le plus de débouchés professionnels. De plus en plus de personnes choisissent ces destinations pour la qualité de vie, le calme, le prix et la conservation du patrimoine. Nous devons soutenir ce secteur d’activité sur ces territoires afin de créer de l’emploi et des richesses pour de nombreux secteurs économiques. Le tourisme vert devient un type de vacances très prisé.

La population est vieillissante dans les départements ruraux, l’aide à la personne devient un secteur d’activité important. La crise sanitaire actuelle démontre chaque jour le besoin de soulager le personnel médical. Il faut donc mettre en place des formations qualifiantes pour permettre aux personnes âgées de pouvoir rester à leur domicile le plus longtemps possible, pour leur bien-être mais aussi pour des raisons financières (le coût des maisons de retraite devient trop important pour les familles). La question de la cinquième branche de la sécurité sociale et son financement doit être abordée et traitée.

Les déserts médicaux sont aussi une réalité difficile à vivre pour de nombreuses personnes isolées. Nous devons là encore proposer et innover pour permettre à chaque français d’obtenir le même service public de santé à Paris comme à Aurillac. La solution des médecins et spécialistes salariés de la sécurité sociale doit être une piste de réflexion. Le développement de la télémédecine doit aussi participer à faciliter l’accès au soin.

Les services publics disparaissent de nos campagnes, jugés trop peu rentables pour « les financiers » qui nous gouvernent. Trésor public, hôpital, gare, tribunal, école, … ils sont tous attaqués et ferment les uns après les autres, le parti socialiste doit réagir. Quelles populations ou entreprises vont faire le choix de s’installer dans nos départements sans une offre minimum de services publics ? Les maisons France service ou MSAP ont des effets pervers, trop souvent elles légitiment la fermeture des services au profit d’un service à la charge des collectivités qui ne fournit pas les mêmes qualités de service, notamment pour les plus démunis et les plus éloignés du numérique.

Le numérique peut être une réponse à certains de nos maux, encore faut-il avoir accès à un débit et une couverture suffisants. Le télétravail, la médecine à distance sont des domaines innovants pour nos campagnes. L’accompagnement de nos ainés dans cette conversion doit être une règle. En 2020, il est quasi indispensable d’être formé à l’outil informatique pour communiquer mais aussi pour les démarches administratives. Il y a là aussi de nombreux emplois à créer.

La mobilité à la campagne est aussi un sujet majeur à aborder. Le désenclavement de nos campagnes passe par des moyens de transports efficaces. Les trains via les lignes secondaires doivent faire l’objet d’un investissement massif de la part de l’état et des régions. Il faut permettre aux personnes âgées et aux jeunes sans permis de conduire de pouvoir se déplacer aisément. Le covoiturage, les transports en commun, les mobilités douces, sont d’autres solutions. L’amélioration des réseaux routiers dans les départements ruraux restent une priorité.

L’ensemble du pays se tourne à juste titre vers le développement durable et l’écologie, les territoires ruraux doivent être des laboratoires nationaux de ces changements de modes de production et de consommation.

L’agriculture paysanne et biologique doit être la norme. L’utilisation de circuits courts a fait ses preuves pendant le confinement. Nos agriculteurs méritent d’obtenir les moyens nécessaires afin de proposer des produits de qualité. La PAC 2021 doit inciter à la conversion à ce type d’agriculture en la subventionnant davantage au détriment d’une agriculture intensive « à bout de souffle ».

Les énergies renouvelables (solaire, éolienne, récupérateurs d’eau …) doivent être utilisées notamment sur les bâtiments publics. Osons par exemple porter des règlementations contraignantes notamment sur les constructions neuves.

Les départements ruraux comptent de nombreuses vieilles maisons étant de véritables « passoires énergétiques ». Il est nécessaire de lancer un grand plan de rénovation thermique.

Le milieu associatif occupe encore une place forte dans nos petits villages et dans de nombreux domaines. Il est indispensable de le soutenir. Dans de nombreux bourgs, il représente le dernier lien social entre les habitants. Aussi le bénévolat doit être motivé par l’attribution de trimestres pour la retraite par exemple.

 

Dans cette contribution, nous essayons d’ouvrir des pistes de réflexion pour un « manifeste » de la ruralité qui devra être complété durant les prochaines années. Nous devons garder une proximité avec le terrain afin de proposer un projet qui colle aux besoins des français, et qui reste lisible pour les élus et citoyens.

Le numérique a de nombreux atouts mais ne peut remplacer le lien social indispensable à la vie de la cité. Au cours du « printemps de la gauche et de l’écologie » ce thème devra aussi être au cœur de nos tables rondes dans nos campagnes. Dans une France bouleversée par de nombreuses crises, faisons, nous les socialistes, le pari de la ruralité pour demain et présentons l’investissement dans la ruralité comme le levier pour un nouvel équilibre du territoire Français.

 

 

La contribution en PDF

 

Les premiers signataires :

Gaëligue JOS (Secrétaire Nationale à la Ruralité, 1ere secrétaire fédérale du Lot, Maire de Saint Michel de Bannières)

Franck REY (1 er secrétaire fédéral du Cantal)

Sylvain MATHIEU (Vice-Président du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté)

Karine GLOANEC MAURIN (Présidente de la commission communes et territoires ruraux de l’AMF et Présidente de la communauté de commune des collines du Perche, ancienne Député européenne)

 

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