Le littoral et la ruralité

Contribution pour le congrès de Villeurbanne proposée par les sections du PS du Cotentin et la Fédération de la Manche.

Le productivisme n'est pas l'apanage des usines. Le littoral est aussi confronté aux excès du capitalisme, à l'individualisme et à l’exclusion.

Le productivisme se manifeste à plusieurs niveaux :
• Augmenter le nombre d'habitants = bétonisation = profit= privatisation des espaces publics .
• Développer la pêche côtière, la culture des huîtres, l’aquaculture, les cultures maraîchères sans mesurer l'impact sur la ressource ou les conséquences sur l'eau ou la biodiversité .
• Se défendre contre la montée des eaux sans questionner les conséquences sur l'environnement direct lorsque que l’on rapporte du sable, que l’on aménage un port en massacrant un havre, qu'on transforme des bungalows de plage en maisons secondaires, que l’on n'entretient pas les défenses historiques (épis, digues… ) que l’on refuse les dents creuses dans les projets immobiliers .
• Le tourisme se développe non sans provoquer des tensions réciproques entre les résidents. Un tourisme trop souvent présenté comme une simple opportunité économique. Qualifiés de « horsains » même lorsqu'ils décident de s'installer définitivement, les « Parisiens « font monter les prix de l'immobilier et obligent les jeunes à migrer à l'intérieur des terres.
• Les énergies marines, nouvel eldorado du littoral, surtout les éoliennes en
mer, choisies par le gouvernement actuel comme une énergie verte exemplaire, après avoir d'un trait de plume abandonné l'hydrolien dans les caps du Cotentin qui bénéficient des plus forts courants de marées d’Europe, sous le prétexte fallacieux du coût prohibitif.

Nous savons que la demande en électricité va augmenter. Nous souhaitons des informations claires non tronquées pour les citoyens. Débattre c'est discuter de quelque chose en examinant tous ses aspects. Ce n'était pas réellement ce dont il était question au sein de la caravane du débat public, qui a sillonné cet été le littoral à propos de l'installation d'un 4ème parc d'éoliennes au large de Barfleur. On est loin des débats publics, suivis d'un référendum imposé par le maire pour la construction des centrales nucléaires de Flamanville.

Le débat démocratique, les référendums locaux peuvent se développer dans les petites communes pour associer les citoyens aux projets de développement qui les concernent (une ferme aquacole, un poulailler, un centre de méthanisation, un lotissement, un centre de santé …)

Donnons-nous les moyens d'alimenter la démocratie et de lutter contre les effets pervers d'actions anarchiques individuelles. Cela vaut aussi pour les communes qui se mettent en concurrence et évitent de penser des projets communs mutualisés. Le territoire élargi d'une communauté d'agglomérations est un outil adapté pour élaborer une politique concertée d'aménagement territorial. Instituer un territoire, passer du « je » au « nous », poser des limites géographiques, articuler les compétences. Ce n'est pas évident même dans une presqu'île au bout du monde .Chacun envisage d'abord ce qu'il va perdre ce qui met le citoyen dans l’embarras.

Nous avons retenu certains objectifs pour poursuivre le travail :
• Protéger le littoral : faire respecter la loi, une politique de réduction des risques régulièrement évaluées, surveiller le lit des petites rivières.
• Organiser des alternatives à la fermeture des services publics : inventer des maisons de services publics mobiles adaptés. Ça existe ailleurs.
Répondre à la pression immobilière sans déborder sur les terres agricoles ou maraîchères en réhabilitant les logements en centre bourg pour les gens qui ont envie d'y habiter et n'en ont pas les moyens (jeunes, séniors) Il faut savoir abattre les vieux bâtiments, s'entourer d'architectes innovants, défiscaliser les investissements de rénovation de l'ancien en centre bourg.
• Défendre la qualité plutôt que la quantité : une politique affirmée et accompagnée concernant les produits de la mer, le maraîchage, et l’élevage.
• L' « industrie » du tourisme est déstructurant, mortifère, si elle n'est pas associée à une politique de développement de l'activité économique permettant à chacun de s'installer et de vivre dans les communes littorales.
• Financer des programmes de recherche ambitieux en matière énergétique y compris dans le domaine nucléaire.

 

 

Signataires

Anna PIC, 1ère secrétaire fédérale

Elisabeth OURY, secrétaire fédérale

Françoise MEDERNACH, maire de Varouville et adhérente

Nicole CANTREL, conseillère fédérale

Pierre OURY, secrétaire de section du Val de Saire

Gilbert BONZON, adhérent, Hervé Renard adhérent, Marie Lemoine adhérente

Nathalie RENARD, adhérente, Fabrice Rodriguez secrétaire fédéral

Gilles LELONG, secrétaire de section de Tourlaville,

Jacques BELHOMME, conseiller fédéral

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    commented on Le littoral et la ruralité 2020-10-25 10:57:03 +0100
    Dans une période où l’écologie et le respect de la nature pourquoi ne pas renommer un ministre de la mer (comme Monsieur Louis LE PENSEC que j’ai bien connu en Bretagne) pour la protection du littoral. Bel exemple de cette protection la Pointe du Raz. Il faut aussi développer les hydroliennes (il y en a une en Bretagne) et exploiter ces courants si importants et cela est beaucoup plus esthétique que les éoliennes. Nous aurons aussi besoin des cultures d’algues pour peut-être nous nourrir, elles sont aussi utilisées dans les médicaments et les cosmétiques (depuis longtemps).
    published Le littoral et la ruralité in Les contributions thématiques 2020-10-23 18:12:14 +0200