L’école selon Blanquer, un modèle à bout de souffle

L’école selon Blanquer, un modèle à bout de souffle

27 août 2019

La politique du ministre Blanquer est rejetée de manière massive et inédite. Dans le dernier baromètre Unsa, seulement 6 % des enseignants sont en accord avec les réformes ministérielles, et à peine 5 % chez les professeurs des écoles.

Face à ce désaveu cinglant, et après le mouvement des professeurs contre la réforme du baccalauréat, l’illusion Blanquer s’est à présent dissipée et le ministre tente de jouer la carte de l’apaisement. S’il faut se féliciter de ce changement de ton, encore affiché ce matin lors de sa conférence de presse de rentrée, il ne faut pas être dupe.

Après une année marquée par une frénésie de réformes, toutes contestées –  budget insuffisant, réforme du bac, évaluations au CP et au CE1, et la réforme du lycée sur laquelle il est obligé de lâcher du lest… – le ministre Blanquer semble dorénavant vouloir prendre son temps, c’est-à-dire gagner du temps, pour répondre aux revendications des syndicats et de la communauté éducative – salaires, retraites, mixité sociale à l’école, scolarisation des enfants de moins de 3 ans…

Jugeant « essentielle » la question de l’environnement, le ministre Blanquer a fait une rare annonce ce matin en indiquant que 250 000 « éco délégués » seraient nommés – un par classe au collège et au lycée – pour favoriser la mise en œuvre d’actions concrètes. Cette mesure n’est pas à la hauteur des enjeux, en particulier climatiques.

Après un été marqué par deux épisodes de canicule, et alors que les experts annoncent que ceux-ci seront à l’avenir plus fréquents et surtout plus précoces – dès le mois de mai, donc pendant la période scolaire – le Parti socialiste demande au ministre d’étudier le coût de la transition du parc des bâtiments scolaires en vue de répondre à de fortes chaleurs ; de mettre en place un fonds spécial pluriannuel pour aider les collectivités, et en particulier les communes, à financer les travaux pour créer de bonnes conditions de travail pour les élèves et les enseignants ; et de veiller à ce que les écoles, collèges et lycées situés dans les zones d’éducation prioritaire puissent pleinement en bénéficier pour assurer la réussite de tous les élèves.