Le Parti socialiste s’oppose fermement et sans ambiguïté à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Cet accord ne doit pas être ratifié. Il constitue une menace directe pour l’agriculture française et européenne, pour le climat et pour notre souveraineté alimentaire.
Négocié il y a plus de vingt ans, finalisé dans un contexte radicalement différent, l’accord Mercosur est aujourd’hui obsolète. Il est incompatible avec les engagements climatiques de la France et de l’Union européenne, avec les objectifs de transition agricole, et avec l’exigence de protection des revenus des agriculteurs et des agricultrices.
Cet accord organise une concurrence déloyale massive. Il met en compétition nos éleveurs et éleveuses, nos agriculteurs et agricultrices, soumis·es à des normes sanitaires, sociales et environnementales exigeantes, avec des productions qui ne respectent pas ces standards. Accepter le Mercosur, c’est institutionnaliser le dumping social, sanitaire et environnemental au détriment de celles et ceux qui produisent dans le respect des règles.
Sur le plan climatique, l’accord Mercosur est une aberration. Il favoriserait l’importation de viande et de produits agricoles issus de la déforestation, notamment en Amazonie, et aggraverait l’empreinte carbone du commerce international par l’augmentation des flux longue distance. On ne peut pas prétendre lutter contre le dérèglement climatique tout en validant un accord qui en accélère les causes.
Dans un contexte où les crises sanitaires animales se multiplient, il serait irresponsable d’ajouter une pression commerciale supplémentaire à un secteur agricole déjà à bout.
La signature et le vote sur cet accord ont été officiellement repoussés à janvier 2026. Mais ce report n’est ni satisfaisant ni rassurant s’il ne s’agit que de reculer pour mieux signer. Il ne change rien au fond : l’accord Mercosur demeure inacceptable et ne saurait être validé demain ce qui ne l’est pas aujourd’hui.
Le Parti socialiste refuse que l’agriculture serve de variable d’ajustement des politiques commerciales européennes. Les agriculteurs et agricultrices ne peuvent pas être sommés, dans le même temps, de respecter des normes toujours plus élevées et d’affronter une concurrence internationale qui ne s’y soumet pas.
Le Parti socialiste appelle solennellement le gouvernement français à poser un veto clair à toute ratification de l’accord Mercosur et à engager, au niveau européen, une refondation complète de la politique commerciale. Aucun accord ne doit être conclu sans clauses contraignantes, opposables et vérifiables en matière sociale, sanitaire et environnementale, ni sans garanties effectives de protection des filières agricoles.
Protéger l’agriculture, garantir la souveraineté alimentaire et défendre le climat ne sont pas négociables.
Le Mercosur est une ligne rouge.