Pour nos sections, cœurs battants de notre engagement militant.


Thème : Notre militantisme


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Article 2.2.1.1 : constitution et rôle de la section

« La structure de base du Parti est la section. (…) La section est le lieu de débat et de rassemblement de tous les adhérents. Cette structure essentielle de la vie militante a la responsabilité d’instaurer un véritable militantisme de proximité. »

Nos statuts posent clairement la place des sections au sein de notre organisation : elles en sont la « structure (ou cellule) de base » mais, surtout, le cœur battant, cercle de notre camaraderie du quotidien, et le bras vaillant, champ de nos mobilisations.

Cette contribution thématique propose de rappeler leur rôle unique et essentiel au service de notre parti. Elle suggère aussi quelques pistes pour alimenter notre réflexion permanente, collective et unitaire, visant à renforcer et toujours mieux adapter nos manières d’être et de faire aux besoins, attentes et exigences de nos collectifs militants.

Depuis le dimanche 9 juin, avec le score impensable de l’extrême-droite aux Européennes puis avec la perspective effroyable de son arrivée au pouvoir aux termes des Législatives anticipées par la folle dissolution macronienne, de très nombreuses militantes, de très nombreux militants, primo-adhérents ou camarades qui avaient rompu le lien, ont franchi le pas et rejoint nos sections.

Dans ce contexte d’urgence, cet afflux inattendu a offert à nos secrétaires de section, quelques instants d’une richesse inespérée, ces premières rencontres avec recrues volontaires, ces petits « cafés » pour faire connaissance et préparer l’accueil en AG de section… Elles, ils nous ont toutes et tous, en substance, dit la même chose : « Ma peur de voir Le Pen, Bardella et leurs sbires accéder au pouvoir m’a convaincu qu’il fallait m’engager - ou m’engager à nouveau. J’ai bien regardé, j’avais bien aimé la campagne positive de la liste socialiste pour « Réveiller l’Europe » et avais voté Glucksmann. Je pense que seul le Parti socialiste est mesure, au regard de son histoire et malgré les difficultés passées, compte tenu de son organisation, de son positionnement et de sa place au cœur de la gauche, de représenter une alternative, d’empêcher le pays de basculer ».

Mais ils nous ont aussi dit qu’ils ne nous signaient pas un blanc-seing, qu’ils seraient exigeantes et exigeants quant à notre capacité, notamment, à offrir à leur désir d’engagement, à leur énergie militante un cadre mobilisateur, renouvelé, ancré dans notre siècle et adapté aux défis multiples auxquels nous sommes confrontés.

Alors, elle est aussi là aussi l’urgence, urgence de ne pas les décevoir et de les embarquer, de tout faire pour qu’ils s’installent parmi nous et qu’ensemble, nous incarnions, partout, chaque jour, notre Parti socialiste, un parti de combat à la hauteur dans toutes les circonstances.

Les clés sont nombreuses et ce 81e Congrès, jusqu’à Nancy, est l’occasion que nous ne manquerons pas de les mettre en évidence.

Voici quelques pistes pour renforcer, encore, nos sections et appuyer la tâche délicate de celles et ceux qui, parmi nous, se sont vu confier la responsabilité de les animer.

 

Développer des moyens mutualisés au service des sections et de leurs secrétaires

  • Constituer et animer la communauté des co-secrétaires de section.
    • La création d’une communauté digitale des secrétaires de section, comme tant d’autres ont été créées au sein de notre parti, permettrait de renforcer les liens entre co-secrétaires de section, de partager directement les informations utiles et d’encourager, par exemple, l’échange de bonnes pratiques.

    • Le rassemblement annuel des cadres du PS incluant les secrétaires de section, bonne pratique « historique » relancée en décembre 2014, devrait être redevenir un incontournable de l’année militante. Pour faciliter son organisation et la participation du plus grand nombre, il pourrait être envisagé comme un moment dédié dans le cadre du Campus socialiste, un peu comme la réunion traditionnelle de la FNESER.

 

  • Créer une plate-forme de ressources mutualisées. Les co- secrétaires de section pourraient disposer d’un accès plus simple et plus direct à des ressources produites par les équipes, nationales comme fédérales, et notamment à des kits qui leur permettraient d’animer des réunions thématiques ou des formations au sein de leurs sections.

 

S’appuyer sur nos sections pour mieux faire « parti » et renforcer la cohésion de nos territoires.

  • Reconnaitre un rôle renforcé au collectif des co-secrétaires de section. Si notre parti est attaché, comme aucun autre parti, à la démocratie directe et si nous sommes, nous militantes et militants, plus régulièrement que d’autres, ailleurs, appelé à nous exprimer lors de votes internes, le collège des co-secrétaires de section pourraient être consulté en amont de grandes décisions stratégiques pour nourrir les décisions des instances fédérales et nationales.

 

  • Créer un statut de « section en mission ». Parallèlement aux conventions et chantiers nationaux, et pour répondre à l’envie, souvent exprimée, des militantes et militants de « travailler » les idées et de nourrir notre projet socialiste, une section pourrait se voir confier une mission spécifique, sur laquelle elle pourrait avoir, pour des raisons géographiques notamment, une légitimité ou un éclairage particulier.

 

  • Concevoir et déployer un « grand plan » de jumelages des sections.

Anecdote : en novembre 2022, la section de Paris Centre a organisé une visio sur le thème « Tous les week-ends sur les marchés face au RN : racontez-nous ! » à laquelle ont participé des membres du Secrétariat national mais aussi, et surtout en l’occurrence, près de 75 militantes et militants du Pas-de-Calais, du Var, du Loiret, de la Haute-Marne, de Meurthe-et-Moselle et de Paris Centre… De beaux échanges, un vrai succès puis la promesse de se retrouver régulièrement promesse non tenue, intime conviction de l’opportunité qu’il y aurait (eu) à la tenir.

Aujourd’hui, les occasions d’échanges entre militantes et militants sont nombreuses, avec les rendez-vous « institutionnels » fédéraux, régionaux ou nationaux, grâce aussi aux outils digitaux, groupes et communautés WhatsApp en premier lieu, qui, d’une certaine manière, nous rapprochent et permettent de développer des contacts « à distance ».

Pour autant, s’il ne s’agit pas ici de contester telle ou telle pratique ou outil, on peut estimer que ces « points/occasions de contact » :

    • concernent et occupent, en premier lieu, les cadres, à tous les échelons, et la minorité la plus active du Parti ;

    • ne débouchent pas toujours sur des actions/mobilisations de terrain, ni sur la création de liens de solidarité fonctionnels.

Ce « grand plan » de jumelages proposerait aux sections de constituer des micro-réseaux (inter)territoriaux d’échange, d’action et de solidarité.

Quel format ?

    • Chaque réseau ou « équipe » rassemblerait un nombre limité de sections (4 à 8) ;

    • Un « format-type » serait proposé afin de refléter la diversité de nos territoires et de nos contextes militants. Par exemple : 1 section parisienne, 1 section de la première couronne francilienne (concurrence LFI), 1 section d’une ville moyenne de province (face à la droite), 1 section péri-urbaine (face au RN), 1 section rurale, 1 fédération « isolée »

    • L’ensemble de ces réseaux formerait un « réseau de réseaux » pour aboutir à un maillage étroit de nos territoires.

Pour quoi faire ?

    • Échanger et confronter les réalités auxquelles doivent faire face les militantes et les militants à travers les territoires pour enrichir notre compréhension partagée des enjeux auxquels nous sommes confrontés. A distance (visio) et, autant que possible, en « vrai ».

    • Favoriser l’action militante coordonnée et permettre, notamment, aux territoires les moins bien pourvus de profiter, en cas de besoin, en campagne et selon les enjeux, de renfort par (re)déploiement de ressources militantes.

    • Développer une forme d’entraide et de solidarité entre les sections les plus favorisées et celles dont les moyens sont désormais limités.

Quelle stratégie de lancement ?

    • Une expérimentation avec quelques réseaux pionniers

    • Une présentation et un bilan d’étape

    •  La rédaction d’une charte des jumelages « Sections unies

    • Un lancement

Cette démarche vise à animer la base et ne saurait en rien concurrencer ou remettre en cause de quelque manière que ce soit l’organisation structurelle de notre parti et affecter les relations existantes entre les différents échelons de notre parti.

Dans toutes nos réflexions sur l’évolution de nos pratiques militantes, le sujet « sections » doit tenir une place majeure. Si nous sommes restés ou revenus pour « garder la vieille maison » et si la « vieille maison » a tenu, c’est sans doute, aussi, parce que ses fondations sont solides, faites d’un ciment essentiel, la proximité et le quotidien de notre militantisme au sein chacune de nos sections.


Contributeurs : Franck Guillory, co-secrétaire de la section de Paris Centre


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