Pour une véritable reconnaissance du bénévolat populaire !

À l’occasion de la Journée mondiale du bénévolat, nous, députés du groupe Socialistes et apparentés, voulons rappeler une évidence : sans les associations, sans les bénévoles, sans celles et ceux qui donnent de leur temps libre sans compter, notre pays ne fonctionnerait tout simplement pas.

Qu’il s’agisse d’accueillir nos enfants dans un club sportif, d’organiser des activités pour nos aînés, d’ouvrir la salle des fêtes, de monter un festival local, de tenir une permanence d’entraide, d’organiser un repas solidaire, d’écouter une personne isolée, de maintenir une bibliothèque de village ou un atelier culturel, ce bénévolat populaire est le socle sur lequel reposent chacun de nos territoires. Il incarne la République sociale au quotidien : celle qui se vit dans le lien, la solidarité, l’attention portée à l’autre.

Cet engagement populaire est pourtant fragilisé. Les bénévoles manquent, les structures voient leurs financements se contracter, les responsables associatifs s’épuisent parfois. On demande toujours plus à celles et ceux qui donnent déjà beaucoup. La hausse de l’âge de départ à la retraite a par ailleurs déplacé le centre de gravité du bénévolat : les Français s’engagent plus tard, parfois moins en forme, à un moment où la fatigue, les contraintes de santé ou les préoccupations financières rendent l’investissement plus difficile. Or les associations comptent sur ces retraités pour transmettre, stabiliser, former et accueillir.

Face à cette réalité, nous refusons de nous résigner. Parce que nous croyons que le bénévolat n’est pas un supplément d’âme mais une richesse nationale et un bien commun qui doit être reconnu comme tel.

C’est tout le sens de la proposition de loi visant à reconnaître et valoriser l’engagement associatif que nous avons déposée à l’initiative de Julien Gokel, député du Nord. Elle vise à franchir un cap décisif : reconnaître juridiquement et socialement l’engagement associatif, et lui donner une traduction concrète dans les droits à la retraite.

 

Notre proposition repose sur plusieurs mesures fortes :

  • Créer un statut officiel de « bénévole responsable », attribué par l’assemblée générale afin d’identifier les engagements réguliers, structurants et durables.
  • Majorer les pensions pour celles et ceux dont le bénévolat a accompagné tout un parcours de vie.
  • Accorder des trimestres supplémentaires pour les engagements associatifs de long terme.
  • Assimiler certaines périodes de bénévolat à des périodes de cotisation lorsque l’engagement a été tel qu’il a pu limiter l’activité professionnelle.

 

Il ne s’agit ni de faveurs ni de récompenses, mais de mesures de justice. Parce qu’il existe dans l’engagement associatif un travail réel, un effort réel, une utilité réelle. Une société qui tient grâce à l’engagement populaire doit reconnaître l’engagement populaire.

Nous savons bien que cette reconnaissance ne résoudra pas tout. Les associations ont besoin de moyens, de stabilité, de simplifications. Elles ont besoin d’un État partenaire, de collectivités engagées, d’élus locaux mobilisés. Elles ont besoin que l’on valorise l’engagement des jeunes, des actifs comme des retraités. Elles ont besoin que l’on défende les libertés associatives. Nous menons ce travail avec Pierrick Courbon, député de la Loire et co-président du groupe d’étude sur la vie associative, l’éducation populaire et le bénévolat. Mais cette proposition constitue une étape structurante : elle dit que la République n’est pas indifférente au temps donné, qu’elle reconnaît enfin pleinement l’engagement des bénévoles.

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