Pour préparer le déconfinement, le gouvernement doit concentrer ses forces sur ce qui fonctionne pour protéger nos concitoyens

Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste
Sylvie Guillaume,
Présidente de la délégation de la gauche sociale et écologique au Parlement Européen
Patrick Kanner,
Président du groupe socialiste et républicain au Sénat
Valérie Rabault,
Présidente du groupe députés socialistes et apparentés à l’Assemblée nationale
Fabrice de Comarmond,
Secrétaire national du Parti socialiste en charge du Numérique

Il y a, sur ce sujet, les débats interdits : les Français disposeront-ils de masques pour le déconfinement ? Qui les distribuera ? Y aura-t-il assez de tests ? Des hôtels ont-ils été réquisitionnés pour isoler les porteurs du virus ? Comment nos enfants seront-ils protégés lors de leur retour à l’école ?

Et il y a les débats de diversion sur lesquels le gouvernement braque les projecteurs pour renvoyer au second plan les débats interdits sur les masques et les tests. Ainsi en va-t-il du débat sur l’application de traçage numérique « Stop Covid-19 ».

Le débat aura lieu alors que l’application ne sera pas encore disponible … et qu’aucun de ses promoteurs n’est capable d’en démontrer l’efficacité. Chacun peut comprendre qu’indépendamment du sujet de principe, cette application n’atteindra jamais le seuil nécessaire sur une base volontaire. Des opérations de traçage ont déjà été expérimentées dans d’autres pays, aucune n’a pour l’instant fait la preuve de son efficacité. Ainsi, Singapour qui l’a utilisée a dû revenir au confinement.

Nous souhaitons rappeler notre attachement à la protection des libertés individuelles qui s'inscrit dans le sens des textes de l'Union européenne. Nous sommes ainsi opposés au développement d’une société de surveillance bio-technologique. Rien ne pourra garantir un anonymat véritable, ni l’absence de détournement de la technologie. Les enquêtes d’opinion montrent avec constance qu’une majorité de Français n’est pas prête à se soumettre à ce dispositif intrusif. Nous ne voulons pas que le virus soit l’occasion de mordre sur les principes même de notre démocratie et de nos libertés individuelles et collectives.

Enfin, nous soulignons que le consentement libre et éclairé, prérequis fondamental à l’utilisation d’une telle technologie, ne pourrait être garanti si cette application était mise en œuvre. Les salariés pourraient, par exemple, être soumis à des contraintes, explicites ou implicites de la part de leurs employeurs ou de leurs collègues, pour installer l’application en contrepartie d’une reprise de l’activité.

Ce débat tronqué ne peut nous satisfaire, c’est pourquoi nous voterons et appelons à voter contre cette proposition du gouvernement au Parlement.

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