Après huit années de macronisme qui ont creusé la dette sans redresser le pays, le Président Macron a fait le choix de ne rien entendre et de poursuivre, sous l'égide de Sébastien Lecornu, la même politique. En matière économique et budgétaire, le contre-budget présenté par le Parti Socialiste et ses groupes parlementaires à la fin du mois d'août 2025 est plus que jamais d'actualité.
Alors que tout semble réuni pour que le nouveau Premier ministre applique le projet de budget de son prédécesseur, faisons un focus sur les enjeux de trajectoire de réduction du déficit et de la dette.
Les socialistes refusent de laisser la droite donner des leçons de rigueur. Stabiliser nos finances, oui, mais pour protéger les Françaises et les Français, pas pour les sacrifier. La dette reste aujourd’hui soutenable et crédible sur les marchés, mais elle doit être maîtrisée pour éviter que les taux d’intérêt ne s’envolent. Et surtout, chacun le sait : un euro consacré au service de la dette est un euro en moins pour nos hôpitaux, nos écoles, nos transports publics ou la transition écologique.
La charge de la dette atteindra 55 milliards d’euros en 2025 et près de 75 milliards en 2026, ce qui en ferait alors le deuxième poste de dépense publique, devant l’éducation nationale ou la défense, mais juste derrière les remboursements d’impôts liés aux niches fiscales. Ces milliards ne financent pas les besoins des Français, mais partent en intérêts. Réduire la charge de la dette, c’est libérer des marges pour financer notre projet social et écologique, tout en protégeant durablement les plus modestes. C’est aussi priver la droite de son arme favorite : brandir le prétexte budgétaire pour sabrer les dépenses sociales.
Le Parti socialiste a présenté à Blois des propositions budgétaires ambitieuses qui ont suscité un fort écho médiatique et politique. Elles démontrent que nous pouvons gouverner efficacement et utilement. Aux casses sociales et économiques, aux reculs environnementaux du gouvernement Bayrou, nous opposons un projet de société ambitieux, durable et juste.
Il ne s’agit pas de nier l’état catastrophique de nos finances publiques, mais le redressement doit être juste et crédible. Car un plan crédible ne peut pas être récessif. Imposer des coupes budgétaires et de nouveaux sacrifices aux plus modestes serait une faute : la France souffre déjà d’un déficit d’investissement et de consommation. L’austérité annoncée n’aurait qu’un seul effet : ralentir l’activité et accroître le chômage.
Nous, socialistes, sommes attachés à la crédibilité de la signature de la France, mais nous refusons d’en faire une obsession dogmatique. Huit années de politiques macronistes, guidées par des choix idéologiques hasardeux, ont déjà creusé la dette sans redresser le pays. La dette doit être stabilisée, mais pas au prix du renoncement social et écologique. C’est pourquoi nous proposons une trajectoire progressive : repasser sous les 3 % de déficit en 2032, plutôt qu’en 2029 comme le souhaitait François Bayrou. Mieux vaut une trajectoire lucide et réaliste qu’un affichage irréaliste voué à l’échec. Car l’objectif n’est pas de satisfaire des règles abstraites au risque de casser la croissance : il est d’éviter la récession, de protéger l’emploi et de préserver notre capacité d’investissement.
Voilà pourquoi notre doctrine est claire : réduire progressivement le déficit et la charge de la dette est un impératif non seulement économique et politique, mais aussi profondément moral. Stabiliser la dette, c’est donner à la France la capacité de préparer l’avenir et de protéger ses citoyennes et citoyens.
Florence BLATRIX-CONTAT, secrétaire nationale aux comptes publics
Brice GAILLARD, secrétaire national aux finances