Rentrée scolaire : pas de réussite éducative sans amélioration des conditions de travail des élèves et des enseignants.

Rentrée scolaire : pas de réussite éducative sans amélioration des conditions de travail des élèves et des enseignants.

03 septembre 2019

À coups de polémiques inutiles et de recyclage de mesures décidées lors du quinquennat précédent, le ministre Blanquer tente de faire diversion et de détourner l’attention d’une rentrée qui s’annonce compliquée.

Cette stratégie de communication parfaitement contre-productive témoigne surtout d’une certaine fébrilité du ministre de l’Éducation et interroge sur sa réelle capacité à changer de méthode de gouvernance, c’est-à-dire à sortir du dogmatisme affiché depuis deux ans et qui lui vaut aujourd’hui d’être très largement contesté par les enseignants et de plus en plus critiqué dans le reste la population.

En ce jour de rentrée scolaire, le Parti socialiste réaffirme qu’il n’y aura pas de réussite éducative sans amélioration des conditions de travail des élèves et des enseignants. À ce titre, quatre dossiers doivent être inscrits à l’agenda du ministre.

Il doit d’abord mener des discussions avec les organisations syndicales sur la revalorisation des salaires et des carrières, ainsi que sur la future réforme des retraites, qui dans sa version actuelle, pénalise très lourdement les enseignants. Aucun changement à l’école ne pourra se faire sans les enseignants – et encore moins contre les enseignants. Si ces derniers jours le ton semble avoir changé Rue de Grenelle, le ministre n’a pas encore fait la preuve de sa capacité à conduire une véritable concertation.

Il doit se saisir du sujet de l’adaptation des bâtiments scolaires au dérèglement climatique. Les scientifiques nous indiquent que les épisodes de canicule vont se répéter plus fréquemment et plus précocement, a priori dès le mois de mai. Cela nous oblige à anticiper dès à présent l’aménagement des locaux scolaires pour s’adapter à ces fortes chaleurs annoncées. Mais sur ce sujet le ministre botte en touche et renvoie vers les collectivités, comme pour « refiler la patate chaude ». Cette manière de se débarrasser d’une question si importante n’est pas responsable. C’est à l’État de garantir le cadre de la cohésion territoriale et de s’assurer que les écoles installées dans les zones éducation prioritaire ne seront pas celles qui subiront à cette occasion un nouveau déclassement.

Il doit revoir la réforme du lycée pour qu’elle ne bénéficie pas aux seuls élèves dont les parents en maîtriseront les codes. Pour cela, les options devront être proposées partout pour ne pas aggraver la fracture entre les établissements et les territoires. Le nouveau lycée ne doit surtout pas déterminer le destin universitaire des élèves en recréant sans le dire des filières sélectives. C’est au-delà tout l’enjeu de la démocratisation de Parcoursup dont les algorithmes aujourd’hui manquent singulièrement de transparence. Ils ne permettent pas aux jeunes et à leurs familles de disposer des informations nécessaires pour faire des choix dans leurs études universitaires.

Enfin, il y a l’enjeu de la réussite pour tous les élèves. Pour que certains réussissent, il n’est en effet pas nécessaire que d’autres échouent. C’est donc en scolarisant les enfants dès 2 ans, en renforçant la mixité sociale et en faisant de la formation continue une priorité que l’école contribuera à limiter les inégalités entre élèves. Or le ministre semble ignorer ces défis de l’école de la République.

C’est sur ces quatre orientations que le Parti socialiste poursuivra son travail avec l’ensemble de la communauté éducative pour construire une école de qualité pour tous.