Salut camarade

C’est avec une profonde tristesse et une vive émotion que nous avons appris la disparition de notre camarade Henri Weber. 

Une des grandes voix de la gauche vient de nous quitter. Henri était « une de ces mémoires fertiles de la gauche, il en connaissait l'histoire, jusque dans ses moindres détails », comme l’a rappelé Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste.

Son parcours et son histoire épousent les contours de celle de la gauche à la fin du 20e siècle. Après avoir été l’une des figures de mai 68 et de la gauche radicale des années 70, il était devenu l’un des intellectuels du Parti socialiste et l’un de ses dirigeants pendant plus de trente ans.

Son évolution vers la sociale-démocratie ne fut pas le reniement de ses convictions – il portait même l’exigence d’une forme de radicalité sociale-démocrate – mais la prise en compte de la meilleure façon de les défendre dans le monde tel qu’il est afin de mieux le changer.

Fils d'émigré, Henri Weber a été très tôt confronté à l’antisémitisme, puis marqué par la Shoah et le stalinisme. Une histoire personnelle que l’on retrouvera dans tous les combats qu’il mènera ensuite : l’anticolonialisme, l’antifascisme, l’internationalisme et l’altermondialisme et toutes les luttes en faveur de l’émancipation. Des combats qui, sous d’autres formes, avec d’autres mots, sont toujours au cœur de l’action de celles et ceux qui veulent agir sur le monde. 

Élu local à Saint-Denis, sénateur de Seine-Maritime, et député européen, Henri Weber s’intéressait aux idées qu’il aimait confronter, affûter, clarifier dans des notes ou dans des livres mais aussi en formant des militants et en animant de nombreux débats, soit au siège du PS, soit aux Universités d’été qu’il dirigea longtemps, soit à la tête de la Revue socialiste, ou encore dans les colonnes de l’Hebdo des socialistes.

Ces derniers mois, il s'était engagé dans le chantier de la rénovation des formes partisanes. Il était inlassable. Passionné. Passionnant. « Le Parti socialiste perd ce soir un esprit incisif qui a bien souvent éclairé notre route. Notre tristesse est immense. » selon les mots d’Olivier Faure. 

Sa haute silhouette, son regard ironique, sa voix et son « Salut camarade » resteront gravés dans nos mémoires.

Emporté par une maladie qui frappe beaucoup de nos compatriotes, Henri avait encore beaucoup de choses à écrire, à nous dire et à nous apporter. Nous serons à la hauteur de son message, celui de la reconquête du pouvoir par la gauche de gouvernement. 

Le Parti socialiste adresse ses sincères condoléances à Fabienne, à sa famille et à ses proches.

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    commented on Salut camarade 2020-04-29 19:12:49 +0200
    J’ai bien connu Henri Weber, à Dieppe, où j’étais alors maire adjoint à la Culture. Grand homme de gauche, militant d’exception, intellectuel brillant et passionné, il était un militant hors pair et un témoin d’exception de l’histoire de la gauche. Sa disparition tragique me bouleverse. Toute mon amitié à Fabienne Servan-Schreiber, à ses amis et camarades. Arnaud Coignet/Cherbourg (50).