Santé mentale : un amendement liberticide et dangereux pour les patients et les professionnels

- Lundi 17 novembre 2025

Le Parti socialiste dénonce avec la plus grande fermeté l’amendement déposé le 14 novembre 2025 par les sénateurs Guidez, Vermeillet, Canévet et Jacquemet, visant à exclure du remboursement par l’Assurance maladie toute une approche de la psychologie. Sous couvert de « cohérence scientifique » et d’« efficience budgétaire », cette mesure constitue une atteinte grave à la liberté thérapeutique et au pluralisme des pratiques en santé mentale.

Un déni de démocratie sanitaire Adopté sans la moindre concertation avec les psychologues, psychiatres et associations de patients, cet amendement bafoue le code de déontologie des psychologues qui sont « responsable, en toute autonomie, du choix et de l'application de leurs modes d’intervention, des méthodes ou techniques qu'ils conçoivent et mettent en œuvre, ainsi que des avis qu’ils formulent » (article 5). Il ignore également délibérément la réalité des besoins sur le terrain. Il s’agit d’une décision autoritaire, prise dans l’opacité, qui sacrifie la qualité des soins à une logique purement comptable. Pourtant, ce sont bien les politiques successives de désengagement de l’État qui ont conduit à l’asphyxie de la psychiatrie publique, en réduisant les moyens humains et financiers des centre médico-psychologiques (CMP), des hôpitaux psychiatriques et des dispositifs de prévention.

Une vision étroite et dogmatique de la santé mentale Prétendre qu’une seule approche thérapeutique aurait le monopole de l’efficacité, c’est nier la complexité de l’humain, de la souffrance psychique et la diversité des besoins des patients. La psychologie, dans sa richesse et sa diversité, doit pouvoir offrir à chacun des réponses adaptées, respectueuses de son histoire et de sa singularité. Exclure une approche au nom d’une prétendue « science » unique, c’est imposer une vision réductrice et dogmatique de la santé mentale, au mépris de l’autonomie des patients et de la liberté de choix d’accompagnement des soignants.

Un choix budgétaire indigne Les économies réalisées sur le dos des patients et des professionnels de la santé mentale sont inacceptables. Plutôt que de s’attaquer aux pratiques des psychologues, le gouvernement ferait mieux de restaurer les moyens de la psychiatrie publique, de revaloriser les métiers du soin psychique, et de garantir un accès universel à des soins de qualité, diversifiés et adaptés à chacun.

Le Parti socialiste exige :

  • Le retrait immédiat de cet amendement, qui porte atteinte à la liberté thérapeutique et au pluralisme des pratiques en santé mentale ;
  • L’ouverture d’une concertation nationale avec l’ensemble des acteurs du secteur (professionnels, associations, usagers) pour définir une politique de santé mentale ambitieuse, solidaire et respectueuse des droits et besoin de tous ;
  • Un plan d’urgence pour la psychiatrie publique, avec des moyens humains et financiers à la hauteur des enjeux.

La santé mentale n’est pas une variable d’ajustement budgétaire. Le Parti socialiste restera mobilisé pour défendre une vision humaniste, solidaire et progressiste de la santé, où chaque patient et chaque professionnel a sa place.

 

⁠Anne-Sophie de Surgy, secrétaire nationale à la Santé mentale
Salima Bouhouche et Dominique Ramuscello, délégués nationaux à la Santé mentale

 

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