- Samedi 12 juillet 2025
Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste
Dylan Boutiflat, Secrétaire national aux relations internationales
Roger Vicot, Secrétaire national à l’immigration
Depuis le début de l’année, les tentatives de traverser la Manche ont doublé. Pour la tranquillité de nos concitoyens du Pas-de-Calais, comme pour la sécurité des migrants, il importe évidemment de démanteler les réseaux de passeurs. Mais les annonces du président Macron et du Premier ministre Starmer ne peuvent se limiter à démanteler cette économie de la misère.
Le Parti socialiste regrette que l’inefficacité des accords du Touquet et de Sanhurst n’amène pas nos deux États à revoir et dépasser leur actuelle politique migratoire bilatérale. L’attractivité du Royaume-Uni est une réalité indéniable, absorbant une grande partie de cette immigration dans son économie. C’est pourquoi aucune politique purement fondée sur la sécurité sur les côtes de la Manche ne permettra de juguler les flux de migrations irrégulières. Chaque dispositif de sécurisation mis en place est vite contourné par la rouerie des passeurs et la détermination absolue des personnes migrantes prêtes à risquer leur vie pour un avenir qu'elles imaginent meilleur.
Le Parti socialiste porte dans le débat public des réponses crédibles et responsables, comme il l’a encore fait récemment dans le rapport sénatorial de la mission d’information sur les accords migratoires à laquelle Corinne Narassiguin, sénatrice de Seine-Saint-Denis, a contribué :
- obtenir du Royaume-Uni le financement du dispositif humanitaire déployé par l’État et les acteurs agréés,
- mettre conjointement en place des mécanismes légaux permettant aux mineurs isolés ayant des membres de leur famille au Royaume-Uni de les rejoindre,
- conclure un nouvel accord au niveau européen qui aurait notamment vocation à définir des voies de migrations légales ainsi que les modalités de coopération en matière de retours et de lutte contre les réseaux de passeurs.
Ces demandes étaient celles des élus du littoral, et en particulier des maires de Gravelines et de Grande-Synthe.
Enfin nous devons tirer les leçons du Brexit et envisager, par exemple, l’intégration de la Grande-Bretagne dans l’espace Schengen. Plus largement, la France et l’UE doivent tenir compte des routes de migration qui convergent vers la Manche depuis l’Afghanistan, le Vietnam, l’Afrique et même le Moyen-Orient, en réaffirmant la nécessité de contribuer au développement de ces pays. Rien ne peut se négocier avec les Talibans, en revanche cela semblerait possible avec la Syrie, voire avec certains États africains.
Il s'agit aujourd'hui de rester fidèle au pacte mondial pour les migrations construit avec les États, l’ONU et les ONG. Le défi migratoire ne pourra se régler qu’à l’échelle globale.