Non aux faux débats

Le congrès de Villeurbanne en décembre prochain sera le dernier avant trois échéances électorales essentielles à notre vie démocratique : en 2021 : départementales, régionales, en 2022 : présidentielle, ce qui va donner à notre débat une importance particulière.

La crise de la COVID va cependant entraver la qualité de ce débat, en réduisant les possibilités de rencontres présentielles des militants et des déplacements de nos principaux responsables pour animer les débats dans nos fédérations.

C’est pourquoi nous voulons qu’il apporte une réponse collective à deux questions essentielles pour notre avenir et celui de notre pays :

                        -Comment gagner les élections présidentielles ?

                        -Pour quoi faire ?

Quelle volonté ?

Depuis les discussions amorcées à Blois nous craignons que les militant.es soient amené.es à se prononcer soit sur l’effacement de notre Parti pour construire le rassemblement de la gauche et des écologistes, soit sur son affirmation mais sans les conditions du rassemblement. Présenté comme tel, il est clair que nous irons dans le mur !

Peut-être que certains se satisferaient de la répétition du duo infernal Macron/Le Pen au 2ème tour de l’élection présidentielle de 2022. N’oublions pas que la majorité législative de LRM s’est installée en 2017 grâce à l’apport d’un nombre conséquent de militants et de dirigeants du PS de l’époque… Certains pourraient, tout compte fait, envisager un second mandat de Macron maquillé d’un peu de vert et de social, car rien ne le gêne en acte ni en parole, dès lors qu’il resterait Président de la République.

Le type d’élection à deux tours sélectionnant les deux candidats arrivés en tête au 1er (ce qu’oblige la Constitution que nous devrions par ailleurs contester sur ce point), impose le rassemblement dès le premier tour, si l’on veut que le grand courant de la gauche et des écologistes puisse concourir jusqu’au bout pour la Présidence de la République.

Faire ce choix ce n’est pas choisir l’effacement de notre parti, c’est au contraire lui donner la seule chance de pouvoir peser jusqu’au bout lors de l’élection présidentielle, par le choix du candidat retenu au 2eme tour et pour son projet.

Pour quoi faire ?

Il nous paraît faux de dire que notre Parti a, depuis l’échec de 2017, manqué de débats idéologiques. Au contraire, nous percevons une orientation très majoritaire pour dénoncer l’économie néo-libérale, le poids de la finance, l’Europe asociale, et militer pour l’urgence climatique et écologique, et bien d’autres valeurs qui fondent le socle de notre Parti et s’inscrivent dans son histoire au moins depuis Epinay…

Tous les responsables sont prêts aux discours les plus généreux pour construire une société de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité.

Là où la difficulté réside, c’est lorsqu’il faut traduire ces orientations en un ensemble de propositions précises, qu’un gouvernement de gauche et écologique devrait mettre en œuvre à la suite d’un contrat passé avec les Français.

-Voulons-nous réformer la Constitution pour en finir avec la République du « Président absolu » dans laquelle notre pays s’est installé ?

      - Voulons-nous augmenter le SMIC et le point d’indice de la Fonction Publique, pour   rompre avec les politiques d’austérité par lesquelles notre pays est gouverné depuis            2008 ?

  • Voulons-nous faire de la qualité humaine des services publics (étatiques, territoriaux et hospitaliers) une priorité, par un recrutement suffisant de fonctionnaires et une politique de formation des personnels digne de ce nom pour assurer un accueil respectueux de tous les usagers ?
  • Voulons-nous en finir avec la toute-puissance des actionnaires dans la gestion des grandes entreprises ?
  • Voulons-nous effectivement une transition énergétique conforme aux Accords de Paris voulus et défendus par François Hollande et son gouvernement pour lutter contre le réchauffement climatique ?
  • Voulons-nous que la transition écologique ne se fasse pas sur le dos des classes populaires et moyennes, mais qu’au contraire elle leur permette de vivre dans des conditions de bien-être et de santé ?
  • Voulons-nous que les inégalités de santé insupportables (les plus démunis d’entre les Français ont 13 années de vie en moins) soient l’axe de notre politique de lutte contre les inégalités ; en améliorant les soins pour toutes et tous et en construisant une véritable politique de prévention (la France est 24 -ème en Europe) ?
  • Voulons-nous reconnaître les troubles médico-psychologiques liés au harcèlement, au burn-out, au sur-stress, en maladies professionnelles et établir une médecine préventive pour les chômeurs et les artisans, commerçants…ayant déposé le bilan ?
  • Voulons-nous refuser toute forme de violence -par la prévention ou la répression nécessaire- que ce soient celles des hommes contre les femmes, les violences intra familiales, les violences racistes ou homophobes et les violences au travail ?
  • Voulons-nous maintenir un système de retraite par répartition permettant à chacun, dès 60 ans, de disposer d’un niveau de vie décent, et de proposer à tous les travailleurs en fin de carrière une période d’aménagement de leur travail leur permettant de mieux équilibrer leur vie professionnelle et leur vie personnelle ?
  • Voulons nous donner la priorité pour l’emploi des jeunes en recréant les « emplois jeunes » et instituer, dès l’installation d’un gouvernement de gauche le RSA jeune.
  • Voulons-nous un véritable Service publique de l’Education qui est le véritable terreau de la formation des citoyens libres et convaincus des valeurs de démocratie et de laïcité.
  • Voulons-nous lutter contre les trafics de drogues et développer la prévention des addictions y compris en dépénalisant l’usage du cannabis ?

 

Si le Parti Socialiste n’est pas en mesure de se prononcer sur l’ensemble de ces thématiques, nous échouerons dans notre rendez-vous historique avec les citoyen-nes

Ce texte n’a pas pour objet de répondre à ces questions car nous ne pouvons pas présenter un Texte d’Orientation pour le Congrès. En effet notre règlement empêche ceux qui ne sont pas membres du Conseil National (au moins 16 d’entre eux) de présenter un tel texte (nous nous étions opposés à cette règle au Congrès précédent mais sans succès…).

Nous appelons les membres de la future direction -et nous soutenons Olivier Faure dans sa démarche- pour qu’ils s’engagent à un large débat pour définir le projet présidentiel des socialistes après les élections du printemps prochain. C’est sur la base de ce projet construit par tous les militant.es que la direction de notre Parti devra négocier le Projet Commun à toute la gauche et aux écologistes, qui servira de base politique au candidat ou à la candidate du rassemblement.

Il ou elle sera alors en capacité de mener une campagne victorieuse.

Signataires : 

Michel DEBOUT,

Anne-Juliette TILLAY (CN),

Jean-Pierre BEQUET,

Anne LEMOAL (CN),

Philippe BASSINET,

Anita DERNIER,

Patrick DURAND,

Albert GARDET

 

                                   

 

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