Recherche et Enseignement Supérieur : tout remettre à plat

Depuis les années 2000, l’Union Européenne s’était fixée comme objectif d’atteindre 3% du PIB à destination de la recherche et l’innovation. La France stagne actuellement à 2,2%. La Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) discutée au Parlement en fin d’année entend injecter 25 Milliards d’euros cumulés dans la recherche d’ici 2030 pour arriver à ses fins soit une hausse de 5 Milliards d’euros. Mais derrière la communication, les faits sont cruels. Ainsi, malgré l’augmentation budgétaire programmée, les enseignants- chercheurs et les étudiants sont vent-debout. Parmi les points de désaccord :

- la création du CDI de mission qui enfoncera toujours plus les chercheurs dans la précarité puisque ces contrats sans fin pourront être interrompus à tout moment ;

- la création de « chaires de professeur junior » uniquement vouées à la recherche. Ce statut toujours plus précaire prendra la forme d’un contrat de trois à six ans après les études sans obligation de titularisation ;

- la dépendance croissante des chercheurs à l’attribution des crédits de financements par projet par l’ANR (Agence Nationale de la Recherche), via des appels d’offre, en lieu et place des dotations d’Etats à destination des Universités. Loin d’être anodine, cette décision risque d’accentuer les difficultés actuelles que connaissent les enseignants-chercheurs. La procédure d’appel d’offre est très lourde et remplace toujours plus le travail de recherche par des procédures administratives pour des taux d’acceptation de 15% en moyenne ;

- une concurrence déloyale entre les « professeurs juniors » et les enseignants chercheurs est ainsi organisée. Une concurrence d’autant plus marquée entre les gros établissements de recherche et les plus petits. Dans ce contexte, le risque de voir disparaître certains domaines de recherche (notamment dans les sciences humaines) du fait des difficultés d’obtention de fonds est accrue.

Etudiants de plus en plus nombreux, un budget qui ne suit pas malgré les annonces, une organisation qui met en concurrence les fonctionnaires, des contrats précaires (...) : l’enseignement supérieur et la recherche sont malades de ces dysfonctionnements.

La responsabilité des Socialistes est donc de tout mettre à plat aux côtés des syndicats de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR). La première urgence est celle du financement. Les dotations de l’Etat à destination des Universités doivent être sanctuarisées. Ainsi une dotation par tête d’étudiant - dont le montant serait annexé sur l’inflation - serait versée aux établissements de l’ESR. Pour réduire la mise en concurrence entre les domaines de recherche et les chercheurs, la place de l’ANR dans l’attribution des crédits doit être minimisée au profit des dotations annuelles. Enfin, l’abandon des contrats précaires crées dans la LPPR est nécessaire au profit de la création d’enseignants-chercheurs plus nombreux avec une réduction du temps d’enseignement. Ce qui permettra un plus grand équilibre en recherche et temps d’enseignement.

Signataires : 

Dimitri MECHAIN Secrétaire de Section de Lagny-sur-Marne

Mickaël LÉON Trésorier de la Section de Lagny-sur-Marne

Patrick ROULLÉ Conseiller Municipal

Vincent FAILLE Conseiller Municipal

Yassene SLIMANE militant

Olivier HUZ militant

Marc PARAIRE Sympathisant

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