Face à la Crise: OEuvrons pour la mise en place d’une politique de solidarité intergénérationnelle dans les territoires.

Face à la Crise: OEuvrons pour la mise en place

d’une politique de solidarité intergénérationnelle

dans les territoires.

« Nous ne vivons que pour apprendre à vivre dans l'amour pour toujours. Aidons-nous les uns les autres jusqu'au bout de ce chemin. Seul comment y arriverons-nous? » L’Abbé Pierre

 

Dans la crise sanitaire et sociale actuelle, l’un des enjeux les plus prégnants s’est révélé être celui de la solidarité intergénérationnelle. La diminution drastique des interactions sociales, la limitation des déplacements, le confinement ont mis en évidence une forme de précarité peu traitée dans le débat public : la faiblesse ou l’absence de liens intergénérationnels. Ces liens d’entraide et de solidarité centrés sur les relations amicales, familiales ou de voisinage ont montré depuis des décennies, en complément des mécanismes de l’état providence, toute leur efficacité et utilité pour faire face à des situations de crise, de précarité, de dépendance et de perte d’autonomie.

Or avec l’éclatement des cellules familiales, la dématérialisation de certaines activités, le changement des modes de communication, la diminution des lieux et des moments de rencontre inter âge, une dilution nette et croissante de ces liens a été constatée ces dernières années.

Une étude de l’institut CSA réalisée pour le compte de l’association des Petits frères des pauvres parue en 2017, attestait ainsi que près de 300 000 personnes de plus de 60 ans étaient en situation de « mort sociale ».Près de 22% des personnes de cette catégorie se déclaraient isolées du cercle familial et 28% du cercle amical.

D’un autre côté, la crise actuelle, met en exergue les difficultés rencontrées par les tranches les plus jeunes de la population dans l’accès à l’autonomie et notamment dans l’accès à un logement.

 

I) Des solutions dans le milieu urbain.

Dans un rapport daté de 2015, l’observatoire de la jeunesse solidaire affilié à l’AFEV, relevait qu’au moins 68% des jeunes ont rencontré au moins une difficulté dans l’accès au logement. Le syndicat la FAGE relève quant à lui que le taux d’effort, c’est-à-dire le montant consacré, au logement pouvait représenter jusqu’à 47% du budget d’un étudiant en 2017.

Face à cette double problématique, isolement social accru des plus âgés et difficultés croissantes d’insertion des plus jeunes, la nécessité de revitaliser les mécanismes de la solidarité intergénérationnelle apparaît plus que jamais indispensable.

Cela passe notamment par le développement d’outils et de structures comme les colocations intergénérationnelles.

Ainsi, l’Union Nationale Cohabilis fédère l’ensemble des acteurs, des associations et des bailleurs engagés autour d’une même ligne directrice : offrir une offre d’entraide et relationnelle aux personnes âgées isolées et permettre à des étudiants et jeunes actifs d’accéder à une offre locative abordable, notamment dans les grandes métropoles où les offres sont rares et chères.

Les missions du réseau Cohabilis consistent à recruter des postulants à la fois bailleurs et candidats, locataires, identifier les besoins, créer les binômes et les accompagner.

Chaque binôme s’engage ainsi à signer un contrat de cohabitation intergénérationnel et se voit accompagné par les membres du réseau tout au long de la durée de la colocation. Des associations adhérentes au réseau sont chargées dans les territoires de la mise en oeuvre du projet de colocation, comme l’association binôme 21 à Dijon où ce sont près de 25 binômes qui sont accompagnés par les membres de la structure. Pour amplifier et densifier l’offre de colocations intergénérationnelles sur tout le territoire, un des axes de réflexion s’est mis en place grâce à l’implication accrue des acteurs institutionnels, dans le financement de ces structures, tels que les CAF, les CARSAT, les Conseils Départementaux, Action logement...

Un autre aspect de la solidarité intergénérationnelle, concerne les actions d’aides et de services de proximité à travers des initiatives locales comme la plateforme parisienne « Mamie Boom » qui met en relation des personnes âgées isolées et des jeunes qui s’engagent à travers différentes actions. Il en va du portage des courses, et de visites hebdomadaires à domicile comme des sorties culturelles. Le dispositif éligible au CESU, offre un complément de revenu aux étudiants et jeunes actifs ainsi qu’une expérience valorisante.

Un des axes de promotion de ces initiatives serait de permettre à chaque jeune s’y engageant de bénéficier d’un abondement de droit à la formation en les rendant éligibles au Compte Engagement Citoyen.Les politiques de solidarités intergénérationnelles sont des outils de renforcement de la cohésion et d’appui au vivre ensemble, pour les développer il est donc d’une part, indispensable de fédérer l’ensemble des parties prenantes autour d’objectifs commun et d’autre part de développer les mesures incitatives auprès des plus jeunes et des plus anciens.

 

II) Des solutions dans le milieu rural.

Le monde rural est aussi confronté à la question des solidarités intergénérationnelles et doit trouver d’autres réponses que celles que nous avons déjà évoquées. Il s’agit ici davantage de repenser l’urbanisme pour rompre l’isolement de nos anciens. Les colocations intergénérationnelles marchent moins bien en zone rurale, du fait d’un attachement à la propriété très fort chez les ruraux. Le processus demande alors plus de temps pour se mettre en oeuvre.

Pour rompre avec l’isolement, on préféra donc partir sur actions telles que les jumelages écoles/Ehpad pour créer du lien social entre les générations et donner un objectif aux personnes âgées (comme venir raconter une histoire aux enfants, accompagner lors d’une sortie, des témoignages…).

Rassembler les générations, passe aussi par la solidarité du quotidien, avec les coopératives jeunes de services qui peuvent venir en soutien aux ADMR sur certains secteurs. C’est un bon moyen de favoriser la compréhension mutuelle et donc le rapprochement des générations. Il faut repenser également l’aménagement des villages et faire en sorte, quand cela est possible de rapprocher les anciens des bourgs et centre villes.

Cela peut passer par la mise en place de conciergeries solidaires pour apporter de la vie dans les communes rurales, tout en favorisant l’entrée ou le retour dans un emploi pour les plus jeunes. La construction de « villages des aînés » mixtes (anciens et plus jeunes) dans les bourgs des communes peut être aussi un bon moyen de rapprocher les anciens des commerces et lieux publics. Ils peuvent ainsi s’y rendre à pied et garder de l’autonomie le plus longtemps possible.

Enfin cela rassure les jeunes et les anciens puisque les premiers sont là pour aider sur des tâches plus physiques et les anciens peuvent assurer une présence au quotidien plus sécurisante.

La contribution en PDF

 

Signataires : 

Alexandre GOUTAGNY

Samira LAAL Secrétaire National au Handicap (Pas de Calais 62),

Floria LABAT (Paris 75),

Tanguy LARS (Morbihan 56),

Thibaut LE HINGRAT Maire Adjoint de Saint Brieuc aux générations ( Côtes d'Armor 22),

Stéphanie LE SQUER Conseillère Municipale Secrétaire Fédérale (Morbihan 56),

Damien LEROUGE membre Bureau National 1er Secrétaire Fédéral adjoint (Ardennes 08),

Jérémy LEROUGE (Ardennes 08),

Laurence MENSIOR membre Conseil Fédéral (Ardennes 08),

Loïck MERCIER membre Conseil Fédéral Secrétaire de Section (Morbihan 56),

Julien MINIER membre Bureau Fédéral Conseil Fédéral (Seine Saint-Denis 93),

Anne-Laure MONDON membre Conseil National Secrétaire de Section (Hauts de Seine 92),

Frédéric ORAIN Conseiller Municipal délégué membre Conseil National 1er Secrétaire Fédéral (Loir et Cher 41),

Philippe PAILLAT 1er Secrétaire Fédéral (Ardennes 08),

Paulette PAILLA (Ardennes 08),

Estelle PICARD membre Conseil National (Deux-Sèvres 79),

Roseline SARKISSIAN Conseillère Régionale membre Conseil National (Seine et Marne 77),

Yannick TRIGANCE Conseiller Régional Secrétaire National à l'Education et à l'Enseignement Supérieur membre Bureau National (Seine Saint-Denis 93),

Jacqueline VETTICOZ membre Conseil Fédéral ( Ardennes 08),

Fatima YADANI Secrétaire Nationale Adjointe en charge des fédérations membre Bureau National (Paris 75)

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