Logement : des mesures doivent être prises pour les loyers et charges

Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste
Stéphane Troussel, secrétaire national à la Santé et aux Politiques de solidarité


 
Logement : des mesures doivent être prises pour les loyers et charges


Lancinante en temps normal, la question du logement va très rapidement devenir explosive à mesure que la crise économique et sociale prendra le pas sur la crise sanitaire. Une étude récente de l'Institut de recherches économiques et sociales a bien circonscrit l’ampleur de la catastrophe à venir : au moins 7 millions de personnes seront confrontées à des difficultés de paiement dans les mois à venir.

La perte brutale de revenus de millions de ménages risque en effet de jeter les plus modestes dans la misère et de fragiliser un large pan des classes moyennes qui peinait déjà à joindre les deux bouts à la fin du mois.

Disons-le : l’aide aux plus démunis annoncée par le Gouvernement ne sera pas un filet de sécurité suffisant pour faire face aux coûts fixes liés au logement qui s’aggraveront inévitablement au fil de mois. D'exceptionnelles, les annonces du gouvernement en faveur des ménages doivent devenir durables et substantielles en direction des bénéficiaires des minimas sociaux et des aides au logement.

Agissons également vite et fort en augmentant les APL (que la gouvernement a diminué depuis 3 ans), en créant, dès la prochaine loi de finance rectificative, un fonds national d’aide au paiement des loyers et des charges qui peut être l’amorce d’une réelle garantie universelle des loyers afin que notre pays sorte plus solidaire et uni de cette crise.

Le Parti socialiste appelle par ailleurs tous les bailleurs sociaux à jouer pleinement leur rôle de bouclier social en mettant en place des équipes spécifiquement dédiées au suivi et à l’écoute des ménages en difficulté, comme c’est déjà le cas pour nombre d’entre eux, pour élaborer des mesures au cas par cas.

Dans ce contexte, la prolongation de la trêve hivernale jusqu’à l’été 2021 dans le logement social relève de l’évidence au risque de jeter des milliers de personnes à la rue et d’approfondir encore les factures françaises.

L’exigence de solidarité que nous appelons de nos vœux ne peut relever uniquement des bailleurs sociaux et des collectivités territoriales, au risque de faire peser l’effort sur les territoires les plus populaires qui accueillent les locataires les plus modestes, et d’obérer toutes leurs marges de manœuvre financière alors que l’investissement dans des logements abordables et de qualité sera un élément déterminant de la sortie de crise.
Il est urgent d’agir pour prévenir la crise sociale, préserver notre pacte républicain et créer les conditions d’une reprise écologique et solidaire.
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